mercredi 23 juin 2021

Gaël Faye - Lundi Méchant (Excuse My French)

Gaël Faye - Lundi Méchant (Excuse My French)

La poésie urbaine et chaloupée de Gaël Faye, son flow entêtant et son verbe incisif, sont une fois de plus à l'ouvrage dans ce nouvel opus, que l'auteur-compositeur-interprète, rappeur et écrivain franco-rwandais, publiait le 06 Novembre dernier sur le label indépendant Excuse My French

Nommé dans la catégorie « Album de l'année » des Victoires de la musique 2021, ce second effort baptisé Lundi Méchant, rassemble 14 titres, tous écrits par l'artiste à l'exception de "Seuls et vaincus", poème vibrant composé par l'ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira. Reprenant le nom des soirées festives et anticonformistes du 5 SUR 5 - une boîte de nuit emblématique du quartier populaire et cosmopolite de Bwiza (à Bujumbura, capitale économique du Burundi) - Gaël Faye nous invite à se soustraire à l'ordre établi et d'avancer à contre courant. « Se rendre aux "Lundi Méchant" c’est faire un pied de nez à la société moderne qui encadre l’individu dans des horaires et des carcans qui voudraient que l’on attende sagement le week-end pour s’amuser. »

Fuyant la guerre civile du Burundi et le génocide des Tutsis au Rwanda, il débarque à Paris en 1995 et découvre dans l'écriture et le hip-hop un exutoire à sa douleur et à sa colère. Face à cet exil forcé, au déracinement et à la perte de ses repères, il se reconstruit, poursuit des études dans la finance puis part deux ans pour la City, dans les bureaux d'un fonds d'investissement. La musique prendra finalement le dessus et son premier opus solo Pili Pili sur un croissant au beurre - enregistré entre Bujumbura et Paris - paraîtra finalement en 2014 sur le prestigieux Motown France.

Enfant du hip-hop ayant intégré les leçons d'Afrika Bambaataa, Nas, Rakim ("NYC") ou encore Questlove, grand admirateur des montres sacrés de la chanson françaiseBrel, Brassens et Gainsbourg, mais également fasciné par l'acteur et militant des droits civiques new-yorkais Harry Belafonte, il nous livre une œuvre optimiste et "anti-morosité", à cheval entre l'Afrique des Grands Lacs et la France, entre la danse de "Chalouper" et la tendresse folk de "Kwibuka". Nourrie d'influences musicales plurielles, sa musique engagée ("Lundi méchant") laisse échapper les rythmiques irrésistibles du semba angolais ou de la rumba congolaise, ainsi que les mélodies pop  envoutantes ("Kerozen"), qu'élaborent avec lui ses fidèles complices, le musicien Guillaume Poncelet et le producteur Louxor

A plusieurs reprises, Gaël a choisi de s'entourer d'invités prestigieux, histoire d'offrir encore davantage de couleurs et de nuances à ses textes. S'y côtoient ainsi Harry Belafonte (apparaissant dans "JITL", une adaptation de son succès intemporel "Jump In The Line"et Jacob Banks (crooner nigérian installé à Birmingham), la diva franco-canadienne Mélissa Laveaux ou encore le chanteur et guitariste rwandais/congolais Samuel Kamanzi. Le timbre de voix du slameur, à la fois doux ("Histoire d'Amour", "Zanzibar") et rageur ("Lueurs"), capte l'auditoire et fait mouche à chaque mot, cherchant tour à tour à émouvoir, à interpeller - sur des thèmes sensibles et parfois autobiographiques ("C'est Cool""Respire") - ou à faire danser ("Boomer", )... 

A découvrir...!




vendredi 18 juin 2021

Jean-Marie Machado - Majakka (La Buissonne/Harmonia Mundi)

Jean-Marie Machado - Majakka (La Buissonne/Harmonia Mundi)

Né à Tanger et ayant passé son enfance au Maroc, Jean-Marie Machado s'est toujours efforcé d'associer son jazz (auquel il s'initie très tôt en autodidacte) à d'autres cultures, d'autres esthétiques et d'autres langages, le faisant sans cesse dialoguer avec les folklores latins, la musique improvisée et la tradition classique

Le pianiste, toujours en quête d'exploration, nous revient avec Majakka (le phare en finnois), un nouvel opus enregistré en Septembre 2020 au studio La Buissonne avec le percussionniste Keyvan Chemirani, le saxophoniste Jean-Charles Richard et le violoncelliste Vincent Segal. Le recueil rassemble 10 compositions lumineuses qui, pour la plupart, ont jalonné son parcours de musicien prolifique, ponctuant une œuvre plurielle et sophistiquée, ouverte sur le monde et cultivant les échanges. Ces titres, élaborés pour de précédents projets, partagent les mêmes couleurs et s'orientent inexorablement vers une même tendance, celle de croiser les notes bleues de l'artiste aux sonorités du bassin méditerranéen et du Brésil, ou encore de les enrichir de pulsations inspirées d'Orient

Parmi eux, figurent tout de même 3 morceaux inédits, spécialement écrits pour le quartet. Ils témoignent d'un changement dans la vie personnelle du compositeur, mais soulèvent également l'épineuse question de l'urgence climatique, dont les stigmates sont de plus en plus perceptibles. Imaginés dans un contexte de crise sanitaire pour le moins perturbé et perturbant, "Les Pierres Noires", "La Mer des Pluies" et "Outra Terra" invitent donc à la réflexion et à une prise de conscience.

«Les mélodies, les sons, les timbres, les rythmes, le nom évocateur des pièces... tout est riche et généreux sur Majakka. Poétique, ciselé, tantôt en rondeur délicate, tantôt en grande ferveur.»




mercredi 16 juin 2021

Tristan Mélia piano solo - Mistake Romance (Jazz Family/Socadisc)

 Tristan Mélia piano solo - Mistake Romance (Jazz Family/Socadisc)

Succédant à No Problem, disque paru en 2019 et enregistré en trio avec le batteur Cédrick Bec et le contrebassiste Thomas BramerieMistake Romance nous propose une immersion encore plus profonde dans l'univers musical du jeune pianiste Tristan Mélia. Agé d'à peine 24 ans, le jazzman ayant fait ses classes au Conservatoire des Alpes-de-Haute-Provence nous présente ce deuxième album en piano solo, un exercice périlleux qu'il a mené de front avec sa vision du monde positive et optimiste, ainsi que quelques idées éparses, ayant muries au gré de ses improvisations.

Alignant 12 morceaux, dont 6 compositions inédites et 6 reprises de standards du jazz, l'artiste exprime avec brio ses influences les plus notables (de Frédéric Chopin à Bill Evans ou de Thelonious Monk à Keith Jarrett en passant par Fats Waller), son goût particulier pour la mélodie ("The Essential") et sa sensibilité à fleur de peau. Ses ballades au romantisme exacerbé ("Smile", "The Nearness Of You""Piano des Souvenirs"), sa valse entêtante ("Mistake Romance") et son stride énergique ("Ready to Go"), ou bien son bebop inspiré ("Someday My Prince Will Come", "Soul Eyes") et sa berceuse pleine de tendresse ("Enfance"), font de Mistake Romance un recueil émouvant et envoutant, dégageant de belles vibrations.



lundi 14 juin 2021

Simon Denizart - Elli Miller Maboungou - Nomad (Laborie Jazz/Socadisc/Idol)

 Simon Denizart - Elli Miller Maboungou - Nomad (Laborie Jazz/Socadisc/Idol)

Simon Denizart dut traverser de difficiles épreuves et parcourir de nombreux territoires (le Texas, la Californie, le Canada, la France et le Maroc) pour enfin donner vie à Nomad, un nouvel opus que le pianiste originaire de Créteil et installé à Montréal publiait le 23 Avril dernier sur Laborie Jazz

Façonné en duo avec la solide et précieuse complicité du percussionniste canadien Elli Miller Maboungou, le disque - d'une rare intensité - célèbre une rencontre insolite entre deux instruments historiquement, géographiquement et culturellement éloignés l'un de l'autre: le piano et la calebasse. Il est également chargé en émotions et riche de souvenirs accumulés pendant une période de 14 mois, au cours de laquelle le compositeur a pu gouter aux saveurs d'une vie nomade, nourrie de voyages et de rencontres.

Affichant des sonorités captivantes empreintes de jazz, de pop, de hip-hop, de musique classique, de world et d'électro, Nomad alterne les ambiances épiques aux arrangements hypnotiques ("Oldfield 2.0") et les moments aériens aux orchestrations plus intimistes ("Zoha"). A l'image des sublimes et énergiques "Last Night In Houston", "Lost In Chegaga" et "Square Viger"groove et poésie se marient à merveille, il déploie une vaste palette sonore pleine de surprises et de réminiscences musicales. Orient et Occident, Nord et Sud s'enlacent et se complètent en totale harmonie, invitant à la réflexion ("Nomad"), à la divagation ("Manon") et même à la danse...

Un petit clin d'œil m'a particulièrement interpellé à l'écoute de "Manon". En effet, peu après sa troisième minute, il m'a semblé reconnaitre l'air d'un titre - à priori - aux antipodes du jazz de Simon, une ritournelle extraite du morceau de Bouga composé en 2000 par Akhenaton, "Belsunce Breakdown", chanson faisant partie de la B.O. du film Comme Un Aimant...



vendredi 11 juin 2021

Thierry Peala & Verioca Lherm - A Tania Maria Journey (Edyson Production/Inoui Distribution)

Thierry Peala & Verioca Lherm - A Tania Maria Journey (Edyson Production/Inoui Distribution)

Débordant d'authenticité et de virtuosité dans son interprétation d'un répertoire incontournable de la musique brésilienne, l'exceptionnel duo français mené par Verioca Lherm et Thierry Peala, nous présente son premier opus baptisé A Tania Maria Journey. Célébrant les 20 ans de leur rencontre à l'occasion, justement, d'un concert que la diva nordestine donnait à l'Olympia en Février 2001, le tandem a choisi 13 compositions parmi les plus emblématiques du catalogue de la pianiste, les arrangeant avec brio pour deux voix, une guitare et de discrètes percussions... Un dépouillement acoustique touchant, chargé de vibrations latines accrocheuses et pleines de chaleur.

Accompagnés sur 6 morceaux par l'excellent percussionniste paoliste Edmundo Carneiro, Verioca et Thierry sont parvenus à nous restituer tout le génie de Tania Maria, après s'être imprégnés de son énergie communicative et de sa poésie tropicale ponctuée de notes bleues.

Mariant subtilement depuis le début des années 70 le jazz, la pop et le blues au choro, à la bossa et à la samba, Tania a largement su s'imposer dans le paysage de la MPB (musica popular brasileira) marquant notamment les esprit avec une technique de scat éblouissante et une manière singulière de siffler sur ses mélodies délicieusement chaloupées. 

Il fallait donc bien des musiciens hors paire pour rendre hommage comme il se doit à une grande dame de la chanson. Il fallait également un talent certain pour transposer sa musique "pianistique" à la guitare (le jeu de cordes de Verioca rappelle souvent celui de Joao Bosco) et s'exprimer avec autant d'aisance et de naturel en portugais comme en anglais...

Belle découverte!





mercredi 9 juin 2021

Mauro Gargano - Feed (Diggin Music/Absilone Socadisc)

 Mauro Gargano - Feed (Diggin Music/Absilone Socadisc)

Après Nuages paru l'an dernier, le contrebassiste italien Mauro Gargano nous revient avec Feed, un projet mené en trio avec le pianiste Alessandro Sgobbio et le batteur Christophe Marguet.

Composés entre Avril et Septembre 2020,  les 8 titres de l'album reflètent une volonté de renouvellement qu'a ressenti l'artiste pendant cette triste période, marquée par une "socialité plus que limitée". Fasciné par la combinaison piano, contrebasse et batterie des immenses Bill Evans, Oscar Peterson, Keith Jarrett, Brad Meldhau ou encore Enrico Pieranunzi, Mauro se l'est appropriée tout en souhaitant s'écarter des sentiers battus; un peu comme l'ont fait The Bad Plus, The Necks, Vijay Iyer et Pat Metheny...

En effet, voulant souligner l'actualité sociale brulante ("Ilva's Dilemma") - où une véritable crise psychologique due, entre autre, aux confinements successifs pointe le bout de son nez ("Full Brain", "Keep Distance") - le jazzman a étendu son propos musical en l'ouvrant à d'autres influences. La musique classique moderne (de Sergueï Prokofiev) et le rock progressif ("Look Beyond The Window") flirtent ainsi avec les folklores de sa région natale du sud de l'Italie, le free d'Ornette Coleman ("Lost Wishes"), les improvisations savantes ("The Secret Garden") et les métriques impaires ("Full Brain").

Un disque d'une grande richesse, qui se dévoile un peu plus à chaque écoute...



lundi 10 mai 2021

Ismail Sentissi - Genoma (Jazz Family)

Ismail Sentissi - Genoma (Jazz Family)

Genoma est le premier opus du pianiste trentenaire Ismail Sentissi. Accompagné par ses complices Cedrick Bec à la batterie et Maurizio Congiu à la contrebasse, l'artiste autodidacte natif de Casablanca nous plonge dans un univers musical inspiré et touchant, où jazz contemporain, sono mondiale, polyrythmie et couleurs modales marocaines s'entremêlent dans une succession de 12 compositions hypnotiques, tantôt explosives et joyeuses ("Vent Sourd", "Silence d'Oumma", "Genoma" ou "Cafouillages"), tantôt plus douces et immersives ("Flocon", "In Other Wise", "Aniss" ou encore "Absence").  

Son enfance passée dans un Maroc paisible et ensoleillé ("Aït Tamejjout"), ses apprentissages du piano, de la guitare puis de l'écriture, son goût pour la mélodie et sa découverte des incontournables EST, Bojan Z, Hadouk, Ali Farka Toure et Fela Kuti, ont suscité chez le jazzman un besoin viscéral d'élaborer une musique plurielle et colorée, un répertoire intimiste et gorgé de vibrations positives, invitant à l'évasion et au dépaysement total.  

Les ambiances qu'il tisse majestueusement avec son trio rappellent celles que le contrebassiste israélien Avishai Cohen nous offrait il y a quelques années, dans des albums lumineux comme At Home (2005), Gently Disturbed (2008) et bien sûr Seven Seas (2011). Une influence notable et appréciable ! 

Belle découverte.



jeudi 6 mai 2021

Laura Prince - Peace Of Mine (Autoproduction/L'Autre Distribution)

Laura Prince - Peace Of Mine (Autoproduction/L'Autre Distribution)

Elaborant un délicieux cocktail de saveurs métisses et soulful aux tendres sonorités jazz et afro, c'est dans la langue de Norah Jones et d'Alicia Keys que la chanteuse française aux racines togolaises, Laura Prince, a choisi de se dévoiler. Elle s'exprime dans premier opus élégant et touchant, baptisé Peace Of Mine

Dirigé par le pianiste/compositeur martiniquais Grégory Privat et co-écrit avec David Sonder, le recueil marie sur fond de sono mondiale, la sophistication et les harmonies du jazz à des vibrations urbaines imprégnées de quotidien. Ponctué de mélodies touchantes aux notes intimistes ("Save Me", "In Your Eyes") et irradié d'une douce lumière caribéennePeace Of Mine nous donne définitivement envie d'ailleurs ("Amazonia"). Se frottant au blues ("So Unconditional") et au spoken word ("Musical Inspiration"), l'envoutante diva à la voix de velours manie avec sensualité un vaste registre d'émotions. 

Alignant une section rythmique prestigieuse formée par Tilo Bertholo à la batterie, Zacharie Abraham à la contrebasse et Inor Sotolongo aux percussions, Laura Prince et Grégory Privat se sont également adjoints les services d'un quatuor à cordes bouleversant ("Peace Of Mind"), dans lequel on retrouve le violoncelliste Guillaume Latil ainsi que les violonistes Gabrielle Lafait, Johan Renard et Jules Dussap ("Scared Of Dark").

Un disque poignant ! 





vendredi 30 avril 2021

Blue Lab Beats - We Will Rise EP (Blue Note Records)

Blue Lab Beats - We Will Rise EP (Blue Note Records)


En 2017, le beatmaker NK-OK et le multi-instrumentiste Mr DM (guitare, basse et claviers) publiaient Xover, un cocktail jazztronica jubilatoire et détonant, mêlant avec brio leurs influences jazz, hip-hop, afro, soul, funk et R&B à une electronica redoutablement énergique et dansante. Le jeune tandem londonien baptisé Blue Lab Beats, imposait alors durablement ses vibrations boom-bap et ses sonorités jazz-funk sur une scène britannique en pleine effervescence.

En 2020, ils revisitaient le classique "Montara" de Bobby Hutcherson sur la compilation Blue Note Re:Imagined, marquant ainsi le début d'une nouvelle aventure au sein d'un label prestigieux. C'est en effet via Blue Note que le duo nous revient avec We Will Rise, nouvel EP annoncé par un premier extrait chaud-bouillant intitulé "Blow You Away (Delilah)", où s'illustre au chant la star montante de l'afrobeat, l'anglo-ghanéen Ghetto Boy. Le riff de guitare entêtant et terriblement accrocheur du single nous rappelle celui de l'inoubliable "Pineapple", morceau hypnotique de leur précédent LP qui avait contribué, il y a 4 ans, au succès retentissant du groupe. On se souvient d'ailleurs de l'excellente prestation de ses invités: Moses Boyd à la batterie et le collectif Nèrija aux cuivres. 

Dans ce très ensoleillé "Blow You Away (Delilah)", la contribution de Ghetto Boy est également décisive et s'inscrit dans le processus créatif de Blue Lab Beats qui, malgré les confinements successifs, a su s'échapper du marasme ambient et nous emmener sous des cieux plus propices au lâché prise. 

Bien qu'un peu moins festives, les 4 autres compositions de l'effort nous invitent elles aussi à nous évader et à nous déhancher langoureusement sur des grooves fédérateurs, nourris de délicieuses nuances funky et jazzy.

Conviant à leurs côtés le guitariste Alex Blake (WizKid) sur le très chill "Nights In Havana", le saxophoniste Braxton Cook sur l'addictif "We Will Rise", le rappeur Kojey Radical et le chanteur DTsoul (au talkbox) sur le sensuel et west coast "Tempting (Dance2)", les deux anglais réaffirment l'étendue de leur palette musicale qui tire sa richesse aussi bien des beats de J Dilla et Madlib, que du génie de Fela Kuti ou Herbie Hancock

"Imaginé en réponse aux événements actuels, ce projet qui vient du cœur veut offrir un peu de réconfort et d’espoir à ceux qui sont englués dans le racisme et les préjugés. Il a été boosté quand la dynamique autour du mouvement Black Lives Matter a repris, avec toutes ces images de violence en mode repeat. NK-OK et Mr DM ont immédiatement cherché à produire une sorte de couverture de survie, de baume guérisseur".



mercredi 21 avril 2021

Daniel Gassin Crossover Band - Change Of Heart (Jazz Family)

Daniel Gassin Crossover Band - Change Of Heart (Jazz Family)

Pour être tout à fait sincère, ce qui m'a d'emblée interpelé en écoutant pour la première fois Change Of Heart, le dernier opus du pianiste Daniel Gassin, c'est la sublime voix de la jeune diva Alita Moses. Une invitée de marque considérée, à juste titre, comme une étoile montante de la scène new-yorkaise. Puissant, cristallin et gorgé de soul, son chant se déploie sur des compositions captivantes où swing et groove se côtoient tendrement, grâce à l'interplay sans faille d'un quartet équilibré et mesuré. En effet, au fil de l'écoute, s'imposent le raffinement d'un jeu de piano sensuel aux harmonies jazz modernes, l'élégance électrisante d'une guitare inspirée et la précision d'une section rythmique redoutable. 

Fondé en 2017 par le musicien franco-australien, le Crossover Band est formé par l'excellent guitariste (et multi-instrumentiste) de Boston Josiah Woodson, le contrebassiste franco-colombien Fabricio Nicolas-Garcia et le batteur occitan Damien Françon. « Traversé par différents courants du jazz », il brille par la fluidité et la richesse de ses interprétations emplies d'émotion et ponctuées de notes urbaines résolument contemporaines

Installé à Paris depuis 2013, notre ancien avocat au barreau de Melbourne nous livre 6 compositions accrocheuses et une reprise édifiante de l'incontournable "Naïma", ballade signée par John Coltrane, que Daniel sublime et restitue comme une douce épopée immersive aux sonorités néo soul. « À la croisée des styles et des chemins », son répertoire - nourri par d'élégantes mélodies et dégageant une énergie fédératrice ("Refugee Of You") - invite l'auditeur à emprunter les sentiers, souvent sinueux, d'une découverte intérieure. Un voyage musical initiatique et contemplatif aux ambiances entêtantes ("Crossover") « qui raconte comment les épreuves de la vie nous façonnent et bien souvent, nous élèvent ».




lundi 12 avril 2021

Floating Points - Promises (Luaka Bop)

 Floating Points - Promises (Luaka Bop)

Avant d'être un opus bouleversant, hypnotique et captivant, Promises est une affiche au sommet des plus prestigieuses, un disque qui réunit deux pointures absolues de la musique, dont un monstre sacré, une véritable légende vivante. 

Le musicien mancunien Sam Shepherd alias Floating Points, acteur emblématique d'une scène électronique anglaise expérimentale et inventive, a en effet convié le saxophoniste octogénaire Pharoah Sanders, figure tutélaire du Black Arts Movement et pilier incontournable du jazz, qu'Ornette Coleman lui-même décrivait comme étant "probablement le meilleur joueur de saxophone ténor du monde".

Ayant étudié le piano à la School of Music de Chetham et obtenu un doctorat en neuroscience et en épigénétique à l'University College de Londres, l'artiste surdoué nous laisse, ici, brillamment entrevoir ses influences majeures; les univers de Claude Debussy, Olivier Messiaen et Bill Evans se révèlent alors à travers une œuvre magistrale et immersive, où s'illustre également le célèbre London Symphony Orchestra, qui a su, en une seule prise, enregistrer des arrangements de cordes envoutants. La captation a eu lieu au mythique studio AIR de George Martin, à l’été 2020. 

Imaginée en 9 mouvements, cette suite repose sur un subtil équilibre entre composition et improvisation; une seule piste de 46 minutes où musique classique, jazz et electronica s'entremêlent et interagissent avec douceur et sensualité. La collaboration de l'américain Sanders (qui a brillé auprès de Sun Ra, John Coltrane, Leon Thomas, Don Cherry, Alice Coltrane ou encore David Murray...) et de Floating Points (The XX...) sonne comme une évidence, elle frappe par son élégance, sa tendresse et son éloquence. 

Habitué à faire rugir son instrument dans des répertoires marqués par le free jazz et l'ethno-jazz, Pharoah s'exprime dans Promises avec une retenue inhabituelle, comme s'il était apaisé et que ses émotions n'avaient plus besoin d'être déclamées haut et fort. Des interventions mesurées et poétiques qui semblent échapper aux contraintes du temps et de l'espace.

Pour Sam Shepherd, le silence est d'or. La beauté de ce bien singulier projet naît de ses motifs répétitifs enivrants, qui ne cessent de catalyser notre attention. Ces derniers flottent en boucle sur des nébuleuses de cordes lancinantes, où vibrent et gravitent avec intensité et délicatesse des accords d'orgue obsédants et des notes de claviers émouvantes. 

Fascinant!



dimanche 4 avril 2021

João Selva - Navegar (Underdog Records)

 João Selva - Navegar (Underdog Records)


Le musicien carioca Joâo Selva nous présente via Underdog Records son second opus baptisé Navegar. Installé à Lyon depuis une dizaine d’années, ce natif d'Ipanema livre un album gorgé de sonorités pop aux colorations tropicalistes, un recueil de 8 titres ensoleillés animés par un groove fédérateur, sensuel et dansant. Parcouru de lignes de basse assassines, de cocottes aux effets wah wah et d'accords de rhodes hypnotiques aux saveurs vintage, Navegar semble surgir du Rio des années 70, époque où la MPB était largement empreinte de black music nord-américaine et où triomphait l’incontournable Tim Maia, considéré comme le père de la soul brésilienne.

Au delà des ambiances funk (“Devagar”) et hip-hop (“Cadê Você”) héritées du Barry White brésiliencréolité et rythmes traditionnels afro-brésiliens sont également mis à l’honneur ici. Ils s'expriment ça et là, au détour de compositions largement métissées. “Navegar”, le single de l’album au titre éponyme en est d’ailleurs un bel exemple, lui qui revisite avec brio l'afoxé, ce folklore nordestin emblématique de Bahia.

Rien d'étonnant de voir qu’aux manettes de ce petit objet musical aux vibrations latines positives et festives, œuvre l'alchimiste français Patchworks, producteur pouvant se targuer de remplir un CV assez impressionnant (Da Break, Kumbia Boruka, John Milk...). 

On notera aussi la présence de la pétillante Flavia Coelho dans le très old schoolMeu Mano”, tube en puissance à la chaleur cuivrée qui nous fait songer à Sandra de Sá, du temps sa meilleure période au début des années 80...





mardi 30 mars 2021

Folamour - The Journey (Single) (Columbia)

Folamour - The Journey (Single) (Columbia)

 Devenu l’un des djs les plus en vue de la scène house, le lyonnais Folamour - ex-resident du Rex - s’est forgé une solide réputation dans les clubs et festivals internationaux, grâce à ses sélections soulful et ses productions musclées alimentées par un groove hypnotique

L’immersif “Just Want Happiness” paru il y a peu, s’efforçait déjà de lutter contre la morosité ambiante; «cette tristesse contemporaine» qui accable les citadins notamment ceux des grandes mégalopoles. Il nous convie à « se libérer du poids des villes pour revenir à davantage de simplicité ». Un retour aux sources très bien illustré dans le clip dirigé par Vincent Desrousseaux, qui offre de sublimes images de nature. Ces dernières suscitent de furieuses envies de plein air et de feux de camp, de montagne ou de campagne.

Avec “The Journey”, second extrait de son prochain opus au titre éponyme, prévu pour Juin prochain (un album aux accents autobiographiques qui s’annonce plus personnel que jamais), Folamour accélère la cadence. Écrit en shona, l’une des 16 langues officielles du Zimbabwe d’où son invité, le chanteur Zeke Manyika est originaire, le morceau tranche avec le précédent single. Déroulant de chaleureuses sonorités afro sur une rythmique deep-house ensoleillée, il invite à se sortir de notre torpeur hivernale et à laisser derrière nous ces derniers mois tragiques, pour onduler sur sa ligne de basse affriolante et funky, à l’instar de la danseuse Eva N’diaye, creusant l’écran dans le clip dirigé cette fois-ci par Théo Vincent.

Impatient d’écouter la suite...!





dimanche 28 mars 2021

L’Impératrice - Tako Tsubo (Microqlima)

L’Impératrice - Tako Tsubo (Microqlima)


L’incontournable formation chic et glamour L’Impératrice nous revient avec son second opus baptisé Tako Tsubo, nom du « syndrome des cœurs brisés ». Cette cardiomyopathie liée au stress est décrite pour la première fois au Japon, « se manifeste par une déformation du cœur dû à un trop-plein d’émotion », le ton est donné!

L´album, mixé par le producteur américain Neal Pogue (Outkast, Stevie Wonder, Tyler, The Creator, Kaytranada, Earth, Wind and Fire), semble, plus clairement qu’auparavant, laisser apparaitre les références 80´s et 90´s du groupe. L’excellent “Tant d’amour perdu”, titre de Michel Berger datant de 1981, en est un bel exemple, lui qui clôt merveilleusement l’effort sur une note mélancolique et nostalgique. On se prend même à imaginer France Gall au micro, devant la section rythmique de l’épopée Starmania à l’époque du G-Funk.

Présent dans le paysage musical français depuis sa création en 2012, le groupe rencontre véritablement le succès à partir de 2016, remportant le prix Deezer Adami et participant à d’illustres festivals hexagonaux comme le Printemps de Bourges, Calvi On The Rocks et We Love Green. Une série de remixes orchestrés par Parcels, Poolside, Lazywax, Folamour, Patchworks ou encore Session Victim leur ouvre les portes de la scène club et quelques collaborations édifiantes s’ajoutent à leur palette sonore déjà bien riche (Isaac Delusion, Jamo, Lomepal). L’Imperatrice devient alors emblématique d’une french pop de haute couture, au même titre que Sebastien TellierPolo &Pan, Bengale ou Flavien Berger. 

Après Matahari paru en 2018, les six complices (Charles de Boisseguin et Hagni Gwon aux claviers, Flore Benguigui au chant, David Gaugué à la basse, Tom Daveau à la batterie et Achille Trocellier à la guitare électrique) nous livrent un recueil de 13 chansons pop aux saveurs discoïdes sensuelles et pleines d’émotions, où se marient tendrement vibrations funk (“Fou”) et R&B (“L’équilibriste”), incursions electro (“Tombé pour la scène”) et hip-hop West-coast (“Peur des filles”). Les ambiances nocturnes de leur précédent disque laissent place à davantage de couleurs et de lumière; de nouvelles thématiques (réseaux sociaux, féminisme...), plus ancrées dans le réel et l’actualité, sont également abordées avec une liberté inédite, qui s’affiche notamment dans la structure des morceaux.




Josef Salvat - The Close/Le Réveil EP (Leafy Outlook)

Josef Salvat - The Close/Le Réveil EP (Leafy Outlook)


Le chanteur australien Josef Salvat nous revient après son album Modern Anxiety paru en 2020, avec un nouveau petit bijou pop baptisé The Close/Le Réveil. Un EP plutôt généreux alignant 8 titres écrits fin août dernier et enregistrés dans la foulée. Une urgence nécéssaire qui s’est avérée curative et salutaire. En effet, l’artiste a ressenti le besoin de clore une année tragique où tout semble s’être figé, mais également d’exprimer à chaud ses propres émotions, après une suite de déconvenues et de désillusions sentimentales. Plutôt que de s’apitoyer, il donne à ses histoires de cœur une dimension musicale efficace et séduisante, avec ses montées en puissance, ses breaks et ses drops. Mais si certains morceaux comme “One More Night” et “Peaches” sont clairement orientés club, d’autres compositions, plus intimistes, sont gratifiées d’incursions folk pleines de tendresse comme dans “First Time” ou “Swimming Upstream”. 

Puis il y a “I Miss You”, la pépite du recueil, une ode electro/pop absolument hypnotique construite autour d’une boucle de clavier immersive et obsédante, enrichie de cordes majestueuses... Un écrin taillé sur mesure pour laisser s’exprimer la voix chaude et sensuelle de Josef qui rappelle parfois les chants à fleur de peau de James Blunt, Jack Garratt, James Arthur ou encore Ed Sheeran...




vendredi 26 mars 2021

Alfa Mist - Bring Backs (ANTI-Records)

Alfa Mist - Bring Backs (ANTI-Records)


L’UK Jazz fait sensation ces dernières années avec une myriade de jeunes artistes ultra-talentueux, qui ne cessent de réinventer les contours d’un genre musical qui n’a jamais été plus accessible et ouvert qu’aujourd’hui. Le mariant avec créativité aux nouvelles sonorités issues des scènes world, afro-américaines et électroniques, ces musiciens ont également su se replonger dans les racines africaines de la note bleue, pour en extraire un language résolument plus actuel, percutant et fédérateur. 

Le pianiste, batteur et producteur londonien Alfa Mist fait partie - comme ses prestigieux acolytes Jordan Rakei, Tom Misch et Barney Artist - de cette nouvelle déferlante artistique venue d’outre-Manche. Élevé au son des emblématiques J Dilla, Hi-Tek et Madlib, mais également marqué par les œuvres de Miles Davis et Hans Zimmer, l’autodidacte d’origine ougandaise a assimilé et s’est approprié les grammaires du jazz, de la B.O.F et de la black music, formulant sa vision singulière d’une musique profonde, sophistiquée et libre, empreinte du bouillonnement et de la vitalité de la rue

Newham, son quartier natal, situé dans l’est de Londres, a d’ailleurs été une immense source d’inspiration pour Bring Backs, son dernier disque qui paraîtra le 23 Avril prochain sur ANTI-Records. Il aligne 9 pièces reliées entre elles par les bribes d’un poème d’Hilary Thomas (comédienne, doublure de voix, scénariste et romancière américaine), un texte abordant le thème de la construction d’une communauté dans un nouveau pays... Des mots qui ont une résonance autobiographique pour Alfa...

Gorgé de soul, rythmé par un groove urbain entêtant et entraînant (“Organic Rust”), puis animé par des mélodies vibrantes et immersives (“Run Outs”) - le plus souvent guidées par les lignes hypnotiques du Fender Rhodes d’Alfa Sekitoleko de son vrai nom - Bring Backs réunit à nouveau un casting de complices, s’illustrant côte-à-côte depuis la première heure. S’y retrouvent l’électrisant Jamie Leeming à la guitare, la divine Kaya Thomas-Dyke à la basse et au chant (diva en plus d’être une merveilleuse bassiste), le virtuose Jamie Houghton à la batterie (en maître du temps) et le volubile Johnny Woodham à la trompette.

Succédant à Antiphon paru en 2017 (véritable chef d’œuvre) et à Structuralism deux ans plus tard - tous deux sortis sur son propre label Sekito - Bring Backs brille par une esthétique hip-jazz et soulful qui, bien qu’homogène, flirte parfois avec les extrêmes. En effet si la ballade “People” nous plonge dans une soul intersidérale sensuelle et acoustique, “Teki” s’embrase et frôle le psychédélisme avec son motif de guitare obsédant et ses tendances free. Dans le dramatique et troublant “Once A Year”, le quintet et ses accents électriques s’effacent, ne laissant qu’un ensemble à cordes s’exprimer et nous inonder de ses nappes orchestrales mélancoliques à en  pleurer. Un titre qui pourrait sembler isolé, mais qui s’inscrit pourtant dans la démarche d’Alfa; il nous rappelle bien sûr sa collaboration récente avec le London Contemporary Orchestra, auprès duquel il avait ré-imaginé “Confliction”, une pièce instrumentale écrite après ses échanges avec un chauffeur de taxi...

L’ombre du légendaire J Dilla, véritable pilier dans l’art du sampling, plane derrière chaque pulsations décalées (“Mind the Gape”) de l’opus; pas étonnant de découvrir dans la bio d’Alfa, que le MC/beatmaker qui débutait sa carrière dans le milieu du grime, entra dans le jazz par la petite porte, en cherchant des samples pour ses prods. Un ouverture d’esprit qui le mit au piano et à la composition... La suite continue de s’écrire.




mercredi 24 mars 2021

Stefano di Battista - Morricone Stories (Warner Music)

Stefano di Battista - Morricone Stories (Warner Music)


Après les projets de Ferruccio Spinetti et Giovanni Ceccarelli en Septembre dernier, puis plus récemment du Blazin’ Quartet de Srdjan Ivanovic, c’est au tour de l’immense saxophoniste romain Stefano Di Battista, personnalité de premier plan de la scène jazz européenne, de rendre hommage à son compatriote, le célèbre Ennio Morricone, disparu à Rome le 06 Juillet 2020.

Dans Morricone Stories, Stefano aborde, avec le génie et l’élégance qu’on lui connaît, des thèmes plus ou moins connus du compositeur italien, les transformant en standards de jazz raffinés et surprenants, à l’instar de sa reprise de  “Costa avete fatto a Solange ?” de 1972 (titre principal du giallo oublié du réalisateur Massimo Dallamano), qui ouvre le disque magistralement en alignant un swing des plus prenants. La mélodie absolument captivante d’Ennio est ici sublimée par des arrangements subtiles, où s’expriment l’interprétation et la complicité sans faille d’un line up de haut vol. 

En effet, aux côtés du saxophoniste - qui passe en fonction des humeurs de l’alto au soprano - brillent les harmonies somptueuses et délicates du pianiste Fred Nardin. A la rythmique, le monstre sacré André Ceccarelli est épaulé par le contrebassiste napolitain Daniele Sorrentino, un tandem de choc qui œuvre avec brio, tout en finesse et en retenue.

Des ballades à la ritournelle pop intemporelle comme l’inoubliable “Gabriel’s Oboe” - extraite du film The Mission de Roland Joffé (Palme d’or en 1986) - débordent de tendresse et de sérénité, nous faisant presque oublier le jeu véloce et fougueux auquel le soliste nous avait si souvent habitué. Cependant dans “Peur sur la ville” thème principal du thriller de Verneuil (1975), Di Battista retrouve sa verve, avec un lyrisme déchirant qui s’étire sur les motifs obsédants de la section rythmique également repris par Fred. On se retrouve alors à traquer Minos auprès de Belmondo, sur cet air angoissant si familier et complètement immersif!

À découvrir !




mardi 23 mars 2021

Surnatural Orchestra - Tall Man Was Here

Surnatural Orchestra - Tall Man Was Here 


Le Collectif Surnatural présentait le 20 Novembre dernier le nouvel opus du Surnatural Orchestra, recueil décapant et jubilatoire de 10 compositions déjantées et festives, croisant le jazz (“Veracruz”) à l’opéra, les folklores (“Tarantella ally-pally”) à la musique contemporaine et à bien d’autres choses. Enregistré du 21 au 23 Janvier 2020, le disque est tiré d’un projet scénique baptisé Tall Man; un spectacle narratif mêlant musique orchestrale, chant, danse, théâtre et scénographie, où le public est invité à s’extirper du marasme ambiant, qui qui s’éternise tragiquement. Cet exutoire exubérant et fédérateur, garde toute sa superbe sur le très musclé Tall Man Was Here, un album plein de panache, offert par une formation XXL; une fanfare de 18 musiciens aux cuivres débordants et aux rythmiques entêtantes. 

À noter que Tall Man Was Here est servi dans un très bel écrin en bois, imitant les vieux tableaux noirs de notre enfance, avec son livret de 40 pages et une craie blanche... 



Pierrejean Gaucher - Zappe Satie (Musiclip/Absilone/Socadisc)

Pierrejean Gaucher - Zappe Satie (Musiclip/Absilone/Socadisc)


Le guitariste originaire de la région parisienne Pierrejean Gaucher nous présentait, il y a peu, son dernier opus baptisé Zappe Satie, un disque barré où il reprend le concept d’un précédent projet mené en 1998. Le musicien/pédagogue avait alors choisi de célébrer l’héritage d’une de ses influences majeures, l’inventif et excentrique Frank Zappa (Zappe Zappa), alchimiste de la six cordes qui est parvenu à se créer un univers musical unique et fantasque, mêlant musique contemporaine, jazz, rock et pop.

Erik Satie, qui semble avoir été une source d’inspiration pour l’américain - sans qu’il ne nous ait laissé un indice probant à ce sujet - trône lui aussi parmi les figures tutélaires de la musique du XX° siècle. Tous deux autodidactes et anticonformistes, les deux compositeurs ont pu développer quelques astuces créatives communes (déconstruction, juxtapositions, chocs harmoniques entre autres intentions de rompre avec les codes en vigueur à leurs époques respectives), même si leurs œuvres demeurent formellement différentes. 

Pierrejean a souhaité bâtir une passerelle entre les univers de ces deux monstres sacrés, utilisant les sonorités fusion et jazz-rock, les notes ou les ponctuations rythmiques de l’un, pour évoluer sur les merveilles mélodiques et les motifs hypnotiques de l’autre...

Épaulé par Thibault Gomez au piano/Fender Rhodes, Alexandre Perrot à la contrebasse, Ariel Tessier à la batterie, Quentin Ghomari aux trompettes, Robinson Khoury au trombone, Julien Soro et Paul Vergier aux saxophones, le guitariste - passé maître dans l’art de la citation - nous embarque dans une aventure déconcertante où “le matériau de Satie n’est qu’un point de départ” et la folie de Zappa qu’un moyen. Zappe Satie n’est pas un disque de reprises, ni un patchwork, mais bel et bien un album de compositions originales inspirées, singulières, judicieuses et non dénuées d’humour.







 

dimanche 21 mars 2021

Stéphanie Lemoine - Love Leaves Traces (Mix Up Jazz/Inouïe Distribution)

Stéphanie Lemoine - Love Leaves Traces (Mix Up Jazz/Inouïe Distribution)


Dès l’ouverture de son sublime Love Leaves Traces, la diva Stéphanie Lemoine donne le ton avec un jazz décomplexé, gorgé de soul et de notes pop. Ce second opus sonne comme une évidence et sa voix puissante, à la fois chaude et immersive, fait des miracles aussi bien lorsqu’elle s’exprime en anglais qu’en français. Auteure et compositrice, elle s’est bâti un répertoire sur mesure où les sonorités folk organiques et intimistes d’un titre vibrant comme “Morning” flirtent avec celles, plus aériennes et mélancoliques, de l’intemporelle ballade de Richard Rodgers et Lorenz Hart, “My Romance”. Ses incursions jazz/funk - dignes de celles de Jamiroquai - font des ravages, poussant l’auditeur à battre leurs cadences endiablées, à l’instar de “Sunset Town”, du poétique “Rive Sauvage” et de l’hypnotique “Somehow”, formidable machine à danser aux accents samba intenses et brûlants. Alignant 3 reprises de standards incontournables dont “Body and Soul” et “I Can’t Help It”, ainsi que 10 compositions efficaces toutes plus accrocheuses les unes que les autres, la chanteuse se devait, pour parfaire son dessein, de s’entourer d’un casting à la hauteur. Autour du quartet qu’elle forme avec Pierre-Antoine Clamadieu (piano, Rhodes), Laurent Salzard (basse) et Jeff Ludovicus (batterie), figurent ainsi des chœurs, une section de cuivres et des cordes... Bref un line-up XXL !

Belle découverte!



Edward Perraud - Hors Temps (Label bleu/L'Autre Distribution)

Edward Perraud - Hors Temps (Label bleu/L'Autre Distribution)


Le batteur et percussionniste nantais Edward Perraud nous revient avec Hors Temps, second album qu'il publie sur le Label Bleu, après l'excellent Espaces sorti en 2018. Accompagné par Bruno Angelini au piano et Arnault Cuisinier à la contrebasse, le patron de Quarkrecords et membre du trio emblématique Das Kapital, poursuit sa célébration de l’essentiel et de l’instant furtif, nous livrant un recueil de 9 compositions immersives et poétiques, au fil desquelles l’auditeur se sent perdre pied et flâne sans contrainte au gré de vibrantes nébuleuses musicales. Le jeu si singulier d’Erik Truffaz ne pouvait que sonner juste sur ces mélodies intemporelles aux tempos éthérés et  “intuitifs”, fruits d’un interplay infaillible.



jeudi 18 mars 2021

Jonathan Orland Quartet - Something Joyful (Steeple Chase/Look Out)

Jonathan Orland Quartet - Something Joyful (Steeple Chase/Look Out)


C'est un jazz classieux et efficace, débordant d'un swing fédérateur et bienveillant, que nous livrait le 15 Février dernier la nouvelle formation du musicien parisien Jonathan Orland. Son troisième opus solaire et sans fioritures se baptise Something Joyful, il succède à Forgotten Waters paru en 2017. 

Tellement bien venue en cette période morose et angoissante, la musique du saxophoniste ayant étudié à Boston et au Canada rassure, nous communiquant son énergie et ses vibrations positives. A travers 10 titres accrocheurs: 7 inédits écrits par le leader désormais installé à Montréal, 2 standards et une composition de l'incontournable Olivier Hutman, il fait briller un quartet redoutable, où l'excellent pianiste l'accompagne sur une rythmique d'esthètes, emmenée par ses complices Yoni Zelnik à la contrebasse et Ariel Tessier à la batterie. 

Un quartet au son claire et au jeu vivifiant, à l'instrumentalité chaude et entraînante, où le leader - qui s'est illustré par le passé auprès du Michel Reis Paris Quartet, de Jean-Michel Pilc et John Hollenbeck, du Sextet Gui Duvignau, de Peter Peter, d'Ibeyi, de Vincent Touchard ou encore de Xavier Thollard - a souhaité célébrer, sans trop en faire, l'héritage de ses héros, Ornette Coleman et Cannonball Adderley...



jeudi 11 mars 2021

Dimitri Naïditch trio - Ah! Vous Dirai-je...Mozart! (Dinaï Records/L'Autre Distribution)

Dimitri Naïditch trio - Ah! Vous Dirai-je...Mozart! (Dinaï Records/L'Autre Distribution)


S'étant attardé sur le répertoire de J.S. Bach dans son précédent disque Bach Up, c'est sur l'héritage légué par Wolfgang Amadeus Mozart que le pianiste ukrainien Dimitri Naïditch a choisi de s'arrêter à présent. En effet, poursuivant sa série d'enregistrements dédiés aux maîtres de la musique classique, il entreprend dans Ah! Vous Dirai-je...Mozart! de se réapproprier le catalogue du génie allemand, en lui donnant un éclairage nouveau et bien souvent inattendu. 

Ainsi, le jazz, le rhythm and Blues et la bossa nova s'invitent au gré de ré-harmonisations, de réarrangements et de transformations rythmiques, redessinant les contours de certaines pièces intemporelles, que l'on devine tout de même grâce à quelques motifs mélodiques emblématiques. "Bossanota" en est un bel exemple; imaginée d'après la Sonate pour piano en Do majeur, K545, elle se pare, dès les premières mesures, de chaleureux atours cariocas, que la chanteuse Cynthia Abraham vient renforcer en fredonnant un air chaloupé. 

Ailleurs, "la beauté absolue de certaines œuvres - comme l'"Adagio du Concerto pour Piano °23 en La majeur" - lui a imposé une certaine retenue dans son approche créative, faisant resurgir l'interprète qu'il est, amoureux de l'originale. Il est alors resté proche de la structure initiale".

Entouré de ses deux fidèles acolytes, Arthur Alard à la batterie et Gilles Naturel à la contrebasse, Dimitri s'est donc amusé à relier les époques et les genres, à faire surgir des concertos, symphonies et autres sonates, le groove, le swing et ses fameuses notes bleues si précieuses. 

Le disque est paru le 05 Mars dernier sur Dinaï Records, il est le second volume de la collection New Time Classics.




mercredi 10 mars 2021

Lewis Evans - Le Rayon Vert (ZRP)

Lewis Evans - Le Rayon Vert (ZRP)

Menant, parallèlement à son projet pop/rock The Lanskies, une carrière solo depuis 2015, le chanteur originaire de Liverpool, Lewis Evans, publiait le 22 Janvier dernier Le Rayon Vert. Alignant 4 titres aux textes autobiographiques chargés d'émotions, l'EP aux mélodies délicieusement mélancoliques et nostalgiques, est le fruit d'une belle collaboration entre l'auteur anglais installé en Normandie et le songwriter/multi-instrumentiste franco-suédois Herman Dune, basé à San Pedro en Californie. David Ivar, de son vrai nom, y a élaboré des ambiances intemporelles aux sonorités americana, où il interprète toutes les parties instrumentales. Les arrangements de cordes sont sa marque de fabrique; ses motifs de guitare, délicats et accrocheurs, mêlent habilement les rythmiques et arpèges acoustiques folk ("Rock In The Sea") à des riffs électriques plus pop ("King Of The Jingle"). Ils sont enrichis par des nappes de cordes frottées ("Cocaïne" et "Hold On"), quelques cuivres et des chœurs envoutants, qu'il réalise avec le soutien de sa femme, Mayon, de Maesa Pullman, Jan Stumke et Olivier Rocabois.

La voix pleine de grâce, de sincérité et de douceur de Lewis laisse entrapercevoir ses peines et ses blessures, mais sa poésie sublime les angoisses et les aspects les plus triviaux de la vie quotidienne. 

Après les albums Halfway to Paradise et Man in a Bubble, marqués eux aussi par des partenariats prestigieux (Keren Ann, Gaëtan Roussel, Juliette Armanet, Howard Schmengen, Winnie ou encore Talisker...), Le Rayon Vert (du nom d'un petit troquet de Saint-Pair-Sur-Mer dans la baie du mont Saint-Michel) nous laisse présager d'un tout prochain long format à la fraicheur édifiante!





mardi 9 mars 2021

Vincent Touchard & Stephen Binet - Happy Hours (Jazz Family/Socadisc)

Vincent Touchard & Stephen Binet - Happy Hours (Jazz Family/Socadisc)


Jazz Family publiait le 22 Janvier dernier le solaire Happy Hours, album gorgé de swing et de vibrations positives, pensé par un tandem de jazzmen formé par le batteur Vincent Touchard et le pianiste Stephen Binet. Matérialisant les rendez-vous hebdomadaires et les jam sessions mensuelles programmées au Piano Bar du Théâtre le Prisme à Elancourt, le disque - enregistré en 3 jours seulement - aligne 13 standards intemporels, captés au studio Libretto par son co-fondateur Erwan Boulay, avec l'énergie et la fraicheur du live. 

Entouré d'invités prestigieux, le duo a souhaité nous offrir un mélange de styles et de timbres reflétant la diversité du jazz d'hier et d'aujourd'hui. Ainsi, l'incontournable "All or Nothing at All" immortalisé par Sinatra en 1939 côtoie "Blusette" de Toots Thielemans (1962) et "Cedar's Blues", que Cedar Walton enregistrait en 1985 fricotte avec "Dindi", qu'Antonio Carlos Jobim composait en 1959 pour Sylvia Telles

Le casting à géométrie variable que s'est choisi nos deux protagonistes n'est pas qu'instrumental, il compte en effet dans ses rangs la diva Claire Vernay (interprétant "Whatever Lola wants", "The Lady is a Tramp" et "My Heart belongs to daddy"), le sublime chanteur et guitariste brésilien Sidney Rodrigues (incarnant littéralement "Dindi" et "Blusette") et le  crooner Matthieu Boré (absolument remarquable dans "No Moon at all"). Les excellents saxophonistes Baptiste Herbin ("You're my everything") et Sylvain Beuf("Three views of a secret") font également partie de l'aventure; et pour compléter la section rythmique menée par Vincent, se succèdent Duylinh Nguyen ("Witchcraft") et Baptiste Morel ("Wrap your trouble in dreams") à la contrebasse, puis José Fallot à la basse électrique ("Cedar's Blues").



vendredi 5 mars 2021

Blazin' Quartet - Sleeping Beauty (Le Coolabel/Absilone/Socadisc)

Blazin' Quartet - Sleeping Beauty (Le Coolabel/Absilone/Socadisc)

A la tête de son délicat Blazin' Quartet, l'excellent batteur originaire de Sarajevo, Srdjan Ivanovic, nous revient avec Sleeping Beauty, un disque de jazz aux ambiances immersives où l'on retrouve le guitariste italien Federico Casagrande, le trompettiste grec Andreas Polyzogopoulos et le contrebassiste bulgare Mihail Ivanov. Enracinées dans les Balkans et mariant subtilement les cultures d'orient et d'occident, la musique et les rythmiques de Srdjan sont une expression de son esprit aventureux et novateur, marqué par un parcours jalonné de nombreux déménagements dans de nombreux pays, quartiers et appartements. 

Désormais installé à Paris, il insuffle à son projet un nouvel élan, le poussant vers davantage de liberté et de spontanéité. L'inventif et singulier flutiste Magic Malik, convié sur deux compositions colorées au swing respectivement accrocheur et entêtant, "Guchi" et "Rue des Balkans", illustre cette tendance qu'a le batteur à vouloir explorer de nouvelles possibilités. 

La mélodie étant pour lui une des composantes fondamentales de son univers, les sonorités d'Ennio Morricone lui sont apparues comme une évidence, influençant significativement sa manière d'appréhender l'écriture. Reprenant et réarrangeant deux thèmes incontournables du maitre disparu il y a peu, "The Man With The Harmonica" et "A L'Aube du Cinquième Jour (Got Mit Uns)", l'artiste a sans doute souhaité célébrer une œuvre intemporelle et populaire, qui parle à tous, toutes générations confondues. 

1er confinement et besoin d'évasion obligent, des fields recordings captés à la campagne nous plongent - le temps de l'"Intro" et de l'"Outro" - dans une nature bienveillante et inspirante, que l'économie aérienne du jeu d'Andreas contribue à rendre apaisante. Que dire également du touché irrésistible de Federico (en solo sur une version de "Sleepng Beauty"), un virtuose de la six cordes qui tisse avec Mihail et le trompettiste, une complicité harmonique des plus gracieuses, que viennent survoler quelques nappes de claviers orchestrées par Srdjan lui même ("Andreas").




jeudi 25 février 2021

Stéphane Edouard - Pondicergy Arlines (Cjazz Productions/Absilone)

Stéphane Edouard - Pondicergy Arlines (Cjazz Productions/Absilone)


Inspiré par les tubes du Bollywood des années 70-80 et les musiques classiques indiennes, le batteur, percussionniste, claviériste et chanteur parisien Stéphane Edouard nous livrait le 15 Janvier dernier Pondicergy Arlines, un premier opus aux vibrations world, exprimant l'histoire et le parcours musical du compositeur et arrangeur autodidacte ayant grandi à Cergy. Largement marqué par la culture de ses parents issus du sud de l'Inde et par sa découverte, adolescent, du rock, du jazz, des sonorités cubaines et africaines, il recherche la pluralité des sons et mélange les couleurs, les croise et les harmonise habilement. Dans cet univers fusion aux grooves généreux et exotiques, il a choisi d'inviter une myriade de musiciens, des compagnons de route, qui viennent le rejoindre avec leurs propres bagages. Son frère tout d'abord, Prabhu Edouard, virtuose des tablas, puis l'incontournable flutiste Magic Malik, mais également les guitaristes Nguyên Lê et Anthony Jambon, l'accordéoniste Vincent Peirani, le bassiste Etienne M'Bappe, les pianistes Fred Soul et Alfio Origlio, le claviériste Bojan Z ou encore la chanteuse Julia Sarr... Un casting hors norme pour un disque qui l'est tout autant et qui sonne bon le partage, le métissage et l'ouverture d'esprit!



Olivier Laisney & Yantras - Monks Of Nothingness (Onze Heures Onze)

Olivier Laisney & Yantras - Monks Of Nothingness (Onze Heures Onze)

Le trompettiste emblématique de l'écurie Onze Heures Onze, Olivier Laisney, nous proposait le 19 Janvier dernier Monks Of Nothingness; album issu de sa  formation Yantras, nouveau projet affichant diverses influences, allant du saxophoniste Steve Coleman au rappeur Q-Tip, en passant par le pianiste Vijay Iyer. Son précédant groupe, Slugged, avait accouché de deux opus parus en 2011 et 2016 baptisés Phonotype et Silent Forms.

Entouré de l'incontournable Magic Malik à la flûte, de Romain Clerc-Renaud au piano (Chlorine Free), Franck Vaillant à la batterie (Arthur H, Sarah Murcia), Damien Varaillon à la contrebasse (Matteo Pastorino) et du rappeur américain Mike Ladd (Arat Kilo) qui intervient sur deux morceaux, Olivier a rassemblé 9 compositions originales, où jazz expérimental et musiques improvisées se mêlent à des sonorités électroniques immersives

Même si l'élaboration du disque repose, pour une grande part, sur des modes d'écritures complexes hérités d'Olivier Messiaen et de la polyphonie ars nova du XIV° siècle, l'auditeur peut néanmoins se raccrocher à ses mariages d'éléments plus familiers, s'y mêlent ainsi des réminiscences abstract hip-hop ("Spiral Down") et drum & bass ("L'Homme Vague"), dark ambient ("Secret Swordplay Instruction") ou encore broken beat ("Le Pendu")...

Bel effort!





mardi 23 février 2021

Sandro Zerafa - Last Night When We Were Young (Paris Jazz Underground)

Sandro Zerafa - Last Night When We Were Young (Paris Jazz Underground)

Le guitariste maltais basé à Paris, Sandro Zerafa, nous confiait le 22 Janvier dernier - via le label Paris Jazz Underground - une collection de reprises de quelques-uns des plus beaux standards du jazz. Un exercice inédit pour le musicien éclectique qui s'est illustré, entre autre, auprès des brésiliens Chico Buarque et Marcia Maria, des français Chrytelle Alour, David Prez, Romain Pillon et André Ceccarelli, ou encore du cubain Joel Hierrezuelo... 

Enregistré courant Juin 2020 en tandem avec le pianiste Vincent Bourgeyx et en orchestre avec le contrebassiste Yoni Zelnik et le batteur Antoine Paganotti, l'élégant Last Night When We Were Young est le cinquième album de l'artiste qu'il réalise en tant que leader; comme son nom l'indique ("Last Night When We Were Young" est le titre d'une illustre chanson qu'immortalisa notamment Kenny Burrell en 1965), il se veut être une célébration des grands thèmes du Great American Songbook. Un répertoire que Sandro considère comme "l'ultime lieu d'une liberté d'expression où flirtent tradition et innovation". 

L'auditeur appréciera la subtile complicité du duo et l'efficacité redoutable du trio, tout en re-re-re-redécouvrant au gré des 11 interprétations de l'opus, les mélodies intemporelles et incontournables des prestigieux Cole Porter ("You Do Something To Me"), George Gershwin ("Who Cares") ou encore Jerome Kern ("The Folks Who Live On The Hill").