mardi 15 avril 2014

Todd Terje – It’s Album Time (Olsen Records)



Todd Terje – It’s Album Time (Olsen Records)

Découvrir le premier LP du producteur norvégien Terje Olsen alias Todd Terje c’est un peu comme se reprendre l’énorme claque que nous a collé le duo de Brooklyn Metro Area en 2002 avec ses sonorités nu-disco et ses synthés vintage empruntés à Giorgio Moroder.

Rare et discret, le dj s’est construit une solide renommée en co-produisant quelques titres avec Franz Ferdinand, Robbie Williams ou son compatriote Lindstrom, en publiant une tripotée de remixes accrocheurs (comme le « Black Magic » d’Astrud Gilberto ou le « Superstition » de Stevie Wonder) ainsi que quelques productions deep house bien pensées (« Ragysh » ou « Spiral »).

Avec It’s Album Time, l’artiste nous plonge dans son univers rétro futuriste kitsh et décaléles ambiances italo-disco et krautrock des 70’s se mêlent aux tonalités baléariques des plages d’Ibiza.

En France, le super groupe Daft Punk ou le patron d’Heavently Sweetness Blackjoy sont les représentants de ce son cosmic house ou space-disco très apprécié des scandinaves dont Prins Thomas, Lindstrom et Todd Terje sont les fers de lance. Les 12 titres du disque s’enchaînent dans une progression logique où le groove ravageur épaulé par une ligne de basse jouissive explose littéralement sur l’entraînante pierre angulaire « Strandbar », véritable bombe dancefloor taillée pour un happy hour au bord de l’eau. Les moog et autres claviers psychédéliques et funky propulsent des « Delorean Dynamite » ou « Preben Goes To Acapulco » dans la liste des futurs tubes de l’été tandis que « Svensk Sâs » et « Alphonso Munskdunder » nous projettent dans le tropicalisme enivrant des brésiliens Sergio Mendes ou Chico Buarque. Le hit de 2012 « Inspector Norse » et sa mélodie naïve et accrocheuse s’impose quant à lui comme un succès éprouvé dans la tracklist des Djs exigeants, il s’ajoute donc à un ensemble musical cohérent flirtant avec la légèreté d’une BO inspirée de La Croisière s’Amuse et réarrangée par Sébastien Tellier.

Une douceur mélancolique et torride ponctue It’s Album Time, c’est la reprise de « Johnny And Mary » de Robert Palmer. Bryan Ferry en guest star nous y offre une sublime performance où sa sensualité alliée à l’ambiance planante mise en œuvre par Todd semble faire surgir ce cover des profondeurs du Grand Bleu de Cosma.
Quasiment unanime, la critique s’est enflammée pour It’s Album Time, sonnant comme la consécration d’un musicien doué, surprenant et délicieusement barré.


 

vendredi 11 avril 2014

Sierra Leone’s Refugee All Stars – Libation (Cumbancha/Pias)


Sierra Leone’s Refugee All Stars – Libation (Cumbancha/Pias)

Cette formation sierra léonaise est née en exil et dans la souffrance pendant la guerre civile qui ravagea cet état d’Afrique de l’Ouest pendant les années 90. Tristement réputée pour ses sous-sols riches des fameux diamants de sang et ses enfants soldats, la Sierra Léone est l’un des pays les plus pauvres au monde. C’est sur ce terreau que Sierra Leone Refugee All Stars a bâti sa musique festive et optimiste, empreinte de mélodies et de rythmiques traditionnelles africaines joliment colorées d’accents reggae et caribéens. Leur quatrième disque Libation est une chaleureuse invitation à partager les sonorités roots et acoustiques d’un groupe désormais culte!

 
 

Da Cruz – Disco e Progresso (Boom Jah Records/Broken Silence)


Da Cruz – Disco e Progresso (Boom Jah Records/Broken Silence)

Le combo helvético-carioca Da Cruz nous revient avec un quatrième opus nommé Disco E Progresso. Basés à Berne, la chanteuse Mariana Da Cruz et le producteur Ane H. s’évertuent à mixer le disco/funk brésilien des années 70 aux sonorités rugueuses et percussives du break beat. A l’instar d’une formation comme Zuco 103, Da Cruz construit son univers musical autour des rythmes sacrosaints de la samba et de la bossa nova, y ajoutant des notes electronica, new wave, pop, kuduro et dance hall. Sous forme d’un double album, Disco E Progresso s’articule en deux entités bien distinctes et opposées, l’optimisme édulcoré du Bright Side venant se heurter au réalisme tranchant du Dark Side. À voir en live !
"Bola Da Discoteca"

mercredi 9 avril 2014

Arto Lindsay – Encyclopedia Of Arto (Ponderosa/Harmonia Mundi)



Arto Lindsay – Encyclopedia Of Arto (Ponderosa/Harmonia Mundi)


Figure emblématique de la scène alternative brésilienne, l’étonnant Arto Lindsay publie une compilation sous forme d’un double album intitulée Encyclopedia Of Arto. Cette dernière ponctue une carrière musicale longue de 35 ans et rassemble dans un premier volet une sélection de 12 titres composés entre 1996 et 2004, exprimant une touche subtile métissant sa folk de tropicalisme, de bossa nova, de pop-rock et d’électro. Le second CD est un live rugueux et brutal enregistré en solo à Berlin en 2011 avec une guitare 12 cordes désaccordée. Expérimentale et barrée, la performance est une suite de 12 morceaux défigurés et incisifs où la mélodie disparaît au profit d’un rythme déshabillé de toutes fioritures. Avec son Encyclopedia, Arto nous dévoile les deux facettes de son univers, l’une populaire et ancrée dans les traditions du Brésil, l’autre plus sombre et tourmentée, issue des influences de la scène No Wave new-yorkaise de la fin des années 70.




 
 
 
"Ondina"

mardi 8 avril 2014

Hollie Cook – Twice (Mr Bongo/Differ’ant)


Hollie Cook – Twice (Mr Bongo/Differ’ant)

Le premier album éponyme de la chanteuse anglaise Hollie Cook nous avait agréablement surpris en 2011 avec ses sonorités reggae héritées du Kingston des 70’s et du Birmingham des 80’s. La fille du batteur des Sex Pistols Paul Cook nous revient avec Twice et ses neuf titres aériens et envoutants aux saveurs tropicales. Produit à nouveau par Prince Fatty, Hollie Cook enrichit sa palette musicale, notamment d’accents brésiliens (« 99 ») et dub (« Twice »). Les sections de cordes, les steel drums et les tablas viennent agrémenter un disque gorgé de douceur et de légèreté, où la voix sensuelle et cristalline d’Hollie est délicatement portée par la guitare de Joe Price, les claviers syncopés de Sung Jee Lee, la basse voluptueuse de James Mckone et la batterie de Ben Mckone. Addictif !

 
"Milk & Honey" extrait de son premier opus paru en 2011
 

vendredi 4 avril 2014

Magic Drum Orchestra – MDO Sessions 1 (TruThoughts Recordings)


Magic Drum Orchestra – MDO Sessions 1 (TruThoughts Recordings)


 

La formation anglaise Magic Drum Orchestra s’apprête à publier son premier album baptisé MDO. En attendant sa sortie prévue courant Avril 2014 sur le label de Brighton TruThoughts Recordings, l’ensemble de percussions basé au Royaume-Unis nous dévoile l’EP MDO Sessions 1, rassemblant 5 titres révélateurs de leur addiction pour la musique afro-brésilienne et leur passion pour les rythmes urbains. Autant influencé par le dubstep, la drum & bass ou le le hip-hop que par la batucada, la samba et l’afrobeat, Magic Drum Orchestra s’amuse à reprendre le sulfureux hit de Snoop Dogg et Pharrell « Drop It Like It’s Hot », puis matraque un « Ragga Samba » enflammé et festif, annonciateur de la prochaine coupe du monde de foot au Brésil.

 

 

mercredi 2 avril 2014

Ryat – Totem (Brainfeeder)


Ryat – Totem (Brainfeeder)

Paru en 2012 sur l’excellent label Brainfeeder basé à Los Angeles et piloté par le Dj/producteur/rappeur Flying Lotus, l’album Totem est un manifeste abstract hip-hop bardé de samples lourds et crasseux, survolés par la voix fantomatique de Ryat, largement inspirée des accents nordiques policés de Björk. Des arrangements de cordes évoquant les immenses steppes islandaises viennent parfois caresser les instrus urbaines brutales et syncopées de la jeune compositrice, héritées du glitch-hop et de la drum & bass. Chacun des titres représente un animal spirituel, le cinématique « Hummingbird » (colibri), « Howl » (hibou) et ses sonorités jungle ou bien « Invisibly Ours » et sa folk aérienne, la onzième piste au titre éponyme closant un Totem hanté de bruits, de craquements, de vrombissements, de gémissements électroniques et autres grésillements organiques ou minéraux. La chanteuse déploie donc des atmosphères variées, on note ainsi les accents fusion jazz d’« Object Mob » réaffirmant le caractère hybride et composite de sa musique. Difficilement accessible dès la première écoute, le disque sonne comme un enchevêtrement brouillon de textures sonores et de rythmiques chaotiques. Dans ce dédale digital un seul fil conducteur demeure : la voix fragile, fine et sensuelle de Christina Ryat.
"Howl"

 
"Invisibly Ours"
 
"Object Mob"