La formation indie
rock basée à Sidney TheGriswolds publie son premier opus
intitulé Be Impressive. Les 4
australiens produits par Tony Hoffer
(M83, Phoenix, Supergrass, Air…) et largement influencés par Vampire Weekend, MGMT et les Beach Boys
nous livrent un disque aux sonorités pop
colorées, explosives, joyeuses et
ensoleillées. Remarqués en 2012 avec leur EP Heart Of The Lion paru chez Wind
Up Records, le groupe mené par Christopher
Whitehall et Danny Duque Perez a
tourné à travers tout le pays avant de se mettre à bucher sur leur projet de LP.
Les lyrics abordent les thèmes de la perte, de l’addiction, de l’insécurité et
de la complexité des relations avec une certaine vulnérabilité masquée par des rythmiques énergiques, des mélodies accrocheuses
et un déferlement de beats électroniques détonnants.
The Avener
- The Wanderings Of The Avener (Universal Music Division Capitol Music France)
Auteur d’un track internationalement salué par un public
aficionado d’un son deep-house
délicat et gorgé de vibes pop, folk, soul, jazz, blues et rock, le français The Avener, nom de scène de Tristan Casara, publie son premier
disque intitulé The Wanderings Of The
Avener. Le niçois a fait ses premières armes de Dj au sein du High Club - appartenant au comique
Franck Dubosc - campant face à la Promenade des Anglais (…ça c’était pour la
petite anecdote !).
Le succès de son premier single Fade Out Lines (emprunté
au répertoire de Phoebe Killdeer and the Short Straws), s’inscrit dans la
continuité des productions en vogue de Wankelmut, Alle Farben, Fritz
Kalkbrenner, Claptone ou encore Route 94. À sa sortie il laissait déjà présager
un goût prononcé pour l’art du rework
raffiné et radieux.
La découverte de l’album ne nous déçoit pas puisqu’on y
retrouve les beats ouatés mid-tempo, les samples aux sonorités chaudes et les
lignes de basse lourdes et entrainantes qui avaient fait leurs preuves auprès
du dancefloor. The Avener vise
forcément l’efficacité et la bonne réception de ses ondes positives par un
large auditoire, cependant on ne peut que constater l’étendue d’une culture
musicale de bon goût, étoffée et variée, allant du blues roots de John Lee
Hooker (auquel il rend hommage dans son remix de It Serves You Right to Suffer ) au rock indie 90’s de Mazzy
Star (avec Fade Into You), en
passant par la folk des canadiennes
de The Be Good Tanyas (Waitin' Round to Die) ou la soul sensuelle d’Andy Bey (Celestial Blues).
Le jeune Tristan
a bien digéré l’impact d’artistes comme Moby
ou appartenant à la mouvance french
touch et leur rayonnement sur la scène électro actuelle, il accouche ainsi d’un
disque réussi, déclinant en 14 titres cohérents une recette bien éprouvée (certes,
mais au combien efficace) consistant en un
mélange habile de séquences électroniques, d’instruments, de voix naturelles et
d’accents acoustiques… Il projette d’ailleurs, pour de futurs
enregistrements, de faire intervenir plus de musiciens et moins de claviers,
histoire d’humaniser encore un peu plus sa vision de l’EDM !
Si l’on devait définir la musique du groupe montréalais Monogrenade, un mot viendrait à
l’esprit et c’est d’ailleurs le titre de leur deuxième opus, Composite.
En effet la formation
électro-pop parvient à déployer, malgré l’usage exclusif du français, une
force mélodique unique. Utilisant des synthés et boîtes à rythmes vintage
alliés à une basse polymorphe (François
Lessard) et une batterie tranchante (Mathieu
Colette), Jean Michel Pigeon et
ses musiciens nous livrent 10 chansons
somptueuses, hypnotiques et énergiques, piochant leurs influences dans le rock indé (Labyrinth) et le folk-pop-alternatif
(J’attends), tout en s’élevant par
moment vers un rock planant voire
cosmique auquel s’ajoute les
arrangements de cordes raffinés et majestueux de Marianne Houle, Ingrid
Wissink et Julie Boivin (Composite, Phaéton, Le Fantôme). La voix suave et brumeuse du leader, claviériste
et guitariste, nous raconte la complexité de l’homme et de ses rapports avec
autrui (L’aimant) et son
environnement (Metropolis).
Composite est
plus rythmé et plus théâtrale que leur précédent Tantale, il explore différents univers musicaux et croise les sonorités électroniques, électriques et
acoustiques sur des mélodies pop
fraîches et entraînantes (Cercles et
Pentagones, Tes Yeux).
Lake Street
Dive – Bad Self Portraits (Signature Sounds/Differ-ant)
Nos 4 américains originaires de Boston et actuellement
installés à Brooklyn nous présentent leur troisième opus intitulé « Bad Self Portraits » où se mêlent entre autres
influences, la soul et le rock des années 60 et 70, les sonorités pop des 90’s et un soupçon de country. Ils mettent de côté les accents
jazzy présents sur leurs deux premiers efforts, faisant quelques clins d’œil au
blues et au gospel.
Lake Street Dive se
compose de la chanteuse Rachael Price,
du trompettiste/guitariste Mike
« McDuck » Olson, de la contrebassiste Bridget Kearney et du batteur Mike
Calabrese. Ils se sont rencontrés au Conservatoire de la Nouvelle
Angleterre à Boston en 2004.
Leur passion commune pour la soul de la Motown, le R&B de
Stax, le rock british des Beatles et le blugrass sudiste teinté de swing, accouche
en 2012 à l’occasion de la sortie de leur EP « Fun Machine » d’une sublime reprise jazz unplugged de « I Want You Back » des
Jackson 5, interprétée en public dans une rue de Brighton dans le
Massachusetts. 1 500 000 vues
sur Youtube plus tard, la magie demeure et la reconnaissance est au
rendez-vous, grâce notamment à leur participation en 2013 à la BO du film
« Inside Llewyn Davis » des frères Coen.
La voix de Rachael
Price est puissante et racée, son timbre se rapproche ici d’une Norah Jones
et là d’une Amy Winehouse. La jeune chanteuse est capable de briller sur un « Bad Self Portrait » punchy
aux saveurs soul/blues vintage et de
nous attendrir avec la douceur d’un « Better
Than » en forme de ballade
country mielleuse.
Avis aux amateurs de chansons pop sauce barbecue !
MLCD – The Smoke
Behind The Sound (At(h)ome/Wagram)
Le quintet belge
nous présente son dernier opus intitulé « The
Smoke Behind The Sound ». Véritable immersion dans son univers indie rock racé et subtil, la
formation ancrée à Liège nous revient avec des sonorités plus analogiques et des arrangements plus classiques. Les orchestrations symphoniques de
leur précédent « The Tragic Tale Of
A Genuis » laissent place aux synthès
vintage et aux ambiances pop oniriques
et nocturnes. My Little Cheap Dictaphone
(MLCD) alterne les tonalités, passant d’une douceur intimiste à une mélancolie
acidulée, le tout agrémenté de nuances psychédéliques et aériennes. Les rythmiques y
sont tantôt lentes et délicates tantôt vives et percussives… À noter que l’album
fut en partie enregistré à Abbey Road,
sous la houlette du producteur Luuk Cox !
Pop californienne empreinte d’africanisme, de tropicalisme
et d’orientalisme, la musique de Fool’s Gold rassemble sans complexe tout un
tas d’influences stylistiques colorées dont le seul et unique but est de donner
un véritable son au mot bonheur ! Ce duo israélien installé à Los Angeles
est entouré de musiciens issus des 4 coins du monde, il publie son second opus
intitulé « Leave No Trace ». A l’instar de ses cousins les immenses
Vampire Weekend, leur écoute est une véritable cure de soleil, une aventure en
terre africaine, moyen-orientale et caribéenne présentée sous la forme d’un
carnet de voyage musical. Luke Top (basse / chant) et Amir Kenan (claviers /
percussions), têtes pensantes du collectif Fool’s Gold, se sont énormément
servis d’internet pour construire leur vocable musical et après un premier
disque remarqué et salué, le challenge était de maintenir leur public en
haleine…ils ont donc incorporé quelques accents 80’s et autres passages synthés
endiablés en abandonnant en partie l’hébreu au profit de l’anglais, ce qui rend
ce « Leave No Trace » plus abordable et accessible. Toujours aussi
dansant, la recette fait mouche et l’esprit festif demeure avec en arrière plan
quelques petites dissonances et autres petits riens charmeurs qui donnent à ce
disque accrocheur un brin de fraîcheur et de spontanéité bienvenue en ces temps
de crise.
Absinthe Minded – Absinthe Minded (AZ/Universal Music
France)
D'après l'artwork de la jaquette, Absinth Minded présente
toutes les qualités du groupe rock anglais bien branché et décalé, cinq jeunes
gars blancs sont assis autour d'une table en bois sur laquelle sont disposés
divers objets symboliques dont un chandelier, un revolver ou encore un service
à absinthe... Les musiciens tiennent un masque devant leurs visages avec leur
photo collée dessus, empêchant de savoir qui est réellement qui. L'atmosphère rappelle
celles de ces scènes de genres du XVII° siècle qu'exécutaient les peintres
flamands: dépouillement voire austérité des intérieurs, portrait de gens
simples représentés dans leurs tâches quotidiennes. Et en effet on apprend vite
que ce n'est pas à Londres mais à Gand que l'histoire d'Absinthe Minded
commence. La Belgique regagnerait-elle son rayonnement artistique d'antan? Une
chose est sûre c'est que ce nouvel album regorge de parfums organiques, de
couleurs fluides et d'ambiances sonores surprenantes, le titre d'ouverture
sonne très jazzy avec une touche manouche si chères à Bert Ostyn, le leader
songwriter à la voix de miel. Puis la folk de Dylan, le rock soft de Mark
Knopfler côtoient plus loin la guitare psyché de Zappa ou encore les rythmes endiablées
des balkans menés par le violon de Remaud Ghilbert, présent tout au long de cet
étonnant opus riche et impressionnant de beauté. En bonus track, l'énorme tube
« My Heroics, Part One » issue du disque New Day paru en 2005,
conclue une oeuvre majeure de la formation belge. Absinth Minded est à
considérer comme un collier de perles naturelles, irrégulières, toutes
différentes et si rares, un petit bijou...
Absynthe Minded est l’une des formations de Rock Alternatif
européennes des plus captivantes. Formé en Belgique à la fin des 90’s, le
quintet mené par le chanteur Bert Ostyn, publie son cinquième opus « As It
Ever Was ». C’est un recueil de 12 titres, 12 histoires inspirées par la
vie, ses joies et ses déboires, ses dangers et ses espoirs. Aux sonorités folks
héritées des maîtres Young et Dylan, se mêlent subtilement les influences rock
et blues, parfois même jazz et Klezmer… Les synthés vintage, les guitares et
quelques instruments hors d’âge embrassent malgré tout une pop efficace et
accessible se rapprochant inexorablement des canons anglo-saxons. Un disque de
qualité !