jeudi 19 novembre 2015

Claptone – Charmer (Different/Pias)


Claptone – Charmer (Different/Pias)

Déjà repéré depuis un certain temps grâce à ses excellentes productions, il s’est récemment fait remarquer grâce à ses remixes bodybuildés (je pense notamment à sa version punchy du succès Liquid Spirit du jazzman Grégory Porter ou bien de sa réappropriation d’Omen des frangins Disclosure) destinés aux dancefloors exigeants, férus de beats down tempo bien produits. Désormais partie intégrante du paysage électronique mainstream, l’allemand Claptone s’essaye au long format avec son premier opus paru chez Différent Recordings et distribué par Pias, Charmer. Composé de 13 titres où sont invitées quelques unes des pointures du rock indépendant Nathan Nicholson (UK), Peter Bjorn & John (Suède) et Clap Your Hands Say Yeah (USA), de l’électro Jay Jay Johanson (Suède) et Jaw (FR) ou de la pop Young Galaxy (Canada), le Dj producteur nous offre même une collaboration de haut vol avec le dandy pop finlandais Jimi Tenor sur un titre efficace, sensuel et funky intitulé Party Girl.

L’animal Claptone se laisse difficilement apprivoiser, en effet il se dissimule derrière un inquiétant masque en forme de bec de vautour (que portaient les médecins bec durant les épidémies de peste bubonique en France et qui inspira ensuite un personnage de la comedia dell’arte), emblématique du carnaval de Venise. Ainsi grimé il se permet toutes les audaces devant ses platines, distillant un son deep-house orienté chill/pop, où la voix et le chant y occupent une place importante.

Certains regretteront peut être ses premières productions plus underground comme Night On Fire qu’il sortait en 2012 sur Exploited et Cream la même année sur Defected, cependant d’autres apprécieront ses atmosphères estivales qui se rapprochent des sonorités de Feder, Milky Chance, The Avener ou Robin Schulz, qui ont animées les chaudes soirées de nos plages azuréennes l’été dernier.

Le titre phare de Charmer est sans conteste No Eyes, qui n’est d’ailleurs pas d’hier puisque la version maxi sortait en 2012, un hit en puissance que l’on entendra résonner cet hiver en before, Jaw y déploie sa voix soul légèrement granuleuse injectant à l’ouvrage un groove imparable.

Claptone a conçu des mélodies catchy qui font mouche dès la première écoute, bien que trop consensuel à mon goût, il nous délivre un effort plutôt réussi.

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