jeudi 5 septembre 2013

Ousmane Kouyaté – « Dabola » (Universal Music Jazz France)


Ousmane Kouyaté – « Dabola » (Universal Music Jazz France)

Dabola est une des cités phares de la République de Guinée, elle est aussi la ville qui vit naître en 1950, l’héritier d’une des plus anciennes dynasties de griots mandingues, le guitariste Ousmane Kouyaté. Après dix-huit ans d’absence dans les bacs et son dernier opus Doumba, le fidèle ami et collaborateur de son compatriote Mory Kanté et du malien Salif Keita, nous revient avec une véritable perle où la tradition musicale millénaire d’Afrique occidentale s’allie aux essences parfumées d’une salsa enivrante « Djellya » (ou un éloge à ses paires, artistes et griots) voire endiablée sur ce sublime titre, interprété en français, « Tenter » (ou un clin d’œil respectueux et affectueux à ses parents et ses modèles). Voué à une carrière d’agriculteur comme son père, Ousmane quitte pourtant l’université en 1977 pour se consacrer entièrement à la musique. En 1979, il enregistre avec Les Ambassadeurs (Salif Keita au chant et Kanté Manfila à la guitare lead)  le titre incontournable « Mandjou », puis au fil de ses collaborations (Joe Zawinul, Hank Jones ou encore le grand Cheick Tidiane Seck), l’envie d’un projet plus personnel fait naître « Bintou Doumbouya » en 1982,  loin de toutes considérations commerciales et pécuniaires, deux albums suivront en 26 ans, jusqu’à « Dabola » prévu pour le 26 Janvier prochain et distribué par Universal Music Jazz France. Installé à Paris après avoir fait escale à Abidjan, Bamako et Dakar, le compositeur, arrangeur et interprète, nous propose une échappée belle en forme d’hommage à sa Guinée natale (« Djamanaké »), à sa ville (« Dabola »), à ses amis (« Nana ») et à la richesse qu’apporte la rencontre, le partage et le voyage (« Fediya »). Artiste humaniste, sage, simple et sincère, Ousmane nous expose sa vision d’un monde qui ne devrait être fait que de respect et d’échange, en toute connaissance de l’autre et de la richesse culturelle qui est sienne…Une philosophie qui fait tristement écho au conflit opposant deux peuples voisins depuis 1948, israélien et palestinien, pour lesquels colère et fondamentalisme écrasent cruellement toute idée de reconnaissance.

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