mercredi 18 novembre 2015

Nicola Cruz - Prender El Alma (ZZK Records)


Nicola Cruz - Prender El Alma (ZZK Records)

Le jeune producteur franco-équatorien Nicola Cruz nous présente son premier opus Prender El Alma, sur ZZK Records (label qui nous offrait il y a peu l’excellent projet La Yegros). Mêlant les sonorités acoustiques des percussions traditionnelles, des chants tribaux, des flûtes indiennes et autres guitares andines à ses textures électroniques nappées de synthés délicats et rythmées par un groove organique down tempo des plus prenants, il rapproche de façon singulière la richesse des influences indigènes précolombiennes aux possibilités infinies de la production musicale numérique contemporaine assistée de ses séquenceurs, boites à rythmes MPC et autres logiciels Ableton…

Né à Limoges mais installé à Quito, capitale de l’Equateur située sur les flancs du volcan Guagua Pichincha, le petit protégé du prodige américano-chilien Nicolas Jaar a voulu revenir à l’essence même de ses origines et rendre un hommage vibrant et intimiste à la Nature et à ses ancêtres.

Percussionniste de formation, il est depuis ses débuts marqué par « l’aspect mystique qu’offrent les percussions du monde entier », il intègre alors la dimension du rituel à ses constructions sonores. Orientant rapidement sa pratique vers l’électro, il étiquette son trip wolrd bass d’Andes Step ou d’Andes Infused Electronica, un mouvement à mi-chemin entre tradition et modernité qui fera sans doute des émules parmi la scène électronique sud américaine florissante (Dj Raff du Chili, Siete Catorce de Mexico…)

Avec ses échantillons de sons analogiques prélevés avec soin, découpés puis mis en boucle, Nicola parvient à restituer sa vision d’une culture mal connue et rarement sublimée par l’electronica. Nourri de cumbia et autres folklores locaux voisins, il s’inspire des démarches artistiques du méxicain Murcof (qui collaborait il y a quelques années avec Erik Truffaz sur le projet Rendez-vous), des anglais Matthew Herbert et Quantic (Will Holland a d’ailleurs longtemps séjourné et travaillé en Colombie) ou de l’américain Philipp Glass (…) pour nous proposer un voyage plus anthropologique que touristique. La voix des chanteuses Huaira (compagne du producteur) et Tanya Sanchez participe à nous immerger dans cette exploration « des mythologies ancestrales vues par le prisme du monde moderne », immersion amplifiée par les rythmiques répétitives hypnotiques et les efforts particuliers à bâtir des structures instrumentales sonnant « comme si un groupe était en train de les jouer ».

Une belle surprise et une magnifique découverte !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire