mardi 3 septembre 2013

L’Exécuteur de Hong Kong « Le Retour Du Mexicain » (Plat du chef productions/Justlike Distribution)


L’Exécuteur de Hong Kong « Le Retour Du Mexicain » (Plat du chef productions/Justlike Distribution)

« L’exécuteur de Hong Kong » de James Fargo avec, dans le rôle principal, Chuck Norris, a été réalisé en 1982 et…Non, rassurez-vous ce n’est d’un navet de série B des 80’s dont nous allons traiter mais bel et bien d’un objet musical complètement décalé aux odeurs de joints, aux saveurs hip-hop/funky/blaxplotation avec, en fond de scène, quelques images de western ou autres films incarnant des héros champions de Kung-fu et de Karaté. Steven Seagall, Bruce Lee, Jacky Chan et Chuck Norris ne sont pas les références absolues de ce duo français sérieusement barré composé de Terence Style au micro et de Mag Spencer à la production, il faut plutôt aller chercher du côté de Sim, J-P Belmondo et Paul Préboist. Même si humour, dérision (Chuck Varris), autodérision, poésie (S’envoler), rêve et espoir (Le Nabab) sont palpables sur une bonne partie des 20 titres de l’album, le ton et les mots employés par Terence expriment gravité, fatalisme (Paradox Man) et sévère constat de la réalité (Glace et Canicule). Ses textes sérieux qui déraillent et parfois frôlent l’absurdité sans jamais verser dans une banale vulgarité sont servis par des samples soigneusement sélectionnés et dosés, ainsi que par des arrangements subtils et classieux aux accents soul et funk, nous plongeant dans les ambiances blaxplotation des 70’s. Un flow subtil oscillant entre un Gainsbourg et un Renaud distille les histoires de tous les jours d’un mec ayant perdu ses illusions, et qui mâte de vieux films pourris en s’identifiant au héros minable, maître en arts martiaux, qui « met ses pieds où il veut et souvent dans la gueule», le tout mijoté avec un argot de misquinou parigot tout en allitérations et rimes improbables. Une écriture pointue et une production d’orfèvre pour un Retour du Mexicain qui on l’espère, squattera encore longtemps dans le coin au risque qu’à Hong Kong « 4 chintoques débridés le transforment en chich kebab ».
 
 

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