C'est l'histoire d'un jeune indien d'origine kashmiri pundit
qui vivait avec ses parents à Meerut près de Delhi. Bien décidé à se faire un
nom et une carrière dans la musique il quitte la maison à 14 ans en quête d'un
guru pouvant le former mais il réalise rapidement que la solution est en lui
« moi le maître et moi le disciple ». Arrivé à Mumbai en 2001,
Kailash Kher débute péniblement la chanson dans la publicité et les petites
prestations payées au rabais. Puis de jingles en musiques de films Bollywood il
rencontre enfin le succès et devient une véritable icône avec de très
nombreuses apparitions à la radio, au cinéma et à la télévision (une récente
participation comme juge à l'émission de La Nouvelle Star version indienne).
Son troisième opus intitulé « Yatra (Nomadic Souls) » fait suite à
des disques déjà encensés par le grand public indien, à la différence qu'il est
pour la première fois distribué à l'étranger. Composé de nouvelles chansons, de
réenregistrements et de versions acoustiques de ses succès, la voix puissante
et racée de la pop star est accompagnée par son groupe Kailasa, de fidèles
acolytes rompus à la scène pop rock indienne. La tradition sufi et le folklore
populaire s'imprègnent de quelques discrètes incursions dans les musiques
lounge, new-age, dance, rock et folk pour un subtil métissage s'adressant
autant à l'esprit qu'au corps. Parlant d'amour, de désir, de philosophie, de
religion et de la terre mère, Kailash nous fait partager un bref aperçu de sa
culture avec émotion et générosité.
Lorsque les mots manquent, il reste les impressions, ces
images qui parviennent à révéler par quelques touches colorées de lumière ces
instants fugaces où la plénitude flotte. Les mots, Julien Jacob n'en manque pas
et quand bien même ils viennent à lui faire défaut le poète les invente. Le
chanteur est né au Benin de parents antillais mais s'installe en France dès sa
petite enfance. Son écriture, ses mots, sa langue, son chant, ses mélodies
rappellent l'Afrique bien-sûr mais sont aussi l'écho d'une personnalité
singulière et mystérieuse. « Sel », quatrième album de Julien, est
dépouillé, profond et magistral. Une guitare folk au son brut, quelques
percussions sobres et une voix grave troublante, envoûtante et gorgée d'émotion.
Baigné dès sa naissance dans les sonorités jazz, afro-cubaines et soul puis
impressionné plus tard par David Bowie et Fela Kuti, le faiseur de mot a
bourlingué sur les scènes du monde entier improvisant ici avec le vocaliste
Bobby McFerrin et chantant là en première partie de Cesaria Evora. Oeuvre
impressionniste, « Sel » bouscule notre sensibilité et désarçonne. Ni
étiqueté musique du monde et encore moins chanson française il semble éclore
d'une vision osée, originale et sublimée de l'Afrique et du monde. À fleur de
peau il ne reste plus qu'à contempler et se laisser approcher par cette musique
acoustique inclassable et universelle.
Lorsque les mots manquent, il reste les impressions, ces
images qui parviennent à révéler par quelques touches colorées de lumière ces
instants fugaces où la plénitude flotte. Les mots, Julien Jacob n'en manque pas
et quand bien même ils viennent à lui faire défaut le poète les invente. Le
chanteur est né au Benin de parents antillais mais s'installe en France dès sa
petite enfance. Son écriture, ses mots, sa langue, son chant, ses mélodies
rappellent l'Afrique bien-sûr mais sont aussi l'écho d'une personnalité
singulière et mystérieuse. « Sel », quatrième album de Julien, est
dépouillé, profond et magistral. Une guitare folk au son brut, quelques
percussions sobres et une voix grave troublante, envoûtante et gorgée d'émotion.
Baigné dès sa naissance dans les sonorités jazz, afro-cubaines et soul puis
impressionné plus tard par David Bowie et Fela Kuti, le faiseur de mot a
bourlingué sur les scènes du monde entier improvisant ici avec le vocaliste
Bobby McFerrin et chantant là en première partie de Cesaria Evora. Oeuvre
impressionniste, « Sel » bouscule notre sensibilité et désarçonne. Ni
étiqueté musique du monde et encore moins chanson française il semble éclore
d'une vision osée, originale et sublimée de l'Afrique et du monde. À fleur de
peau il ne reste plus qu'à contempler et se laisser approcher par cette musique
acoustique inclassable et universelle.
Quel bonheur de découvrir des artistes qui sachent encore
nous parler tout bas, murmurant quelques mots en forme de constat d’une époque
un peu folle où les repères, déjà biaisés par une information orientée,
semblent se confondre. Julien Baer officie depuis déjà 12 ans parmi ces acteurs
parfois minables et souvent décérébrés de la nouvelle chanson française. Il est
un de ces mélodistes de génie, aventuriers et clairvoyants qui parviennent à
toucher avec des textes subtils emplis de réalisme et de paradoxes. Bien loin
du star-system Julien a longtemps cru que son travail de musicien s’achevait à
la fin du disque, oubliant la nécessité promotionnelle il est pour beaucoup
d’entre nous un parfait inconnu, celui qui va profiter de son nom pour vendre
quelques chansons, mais ceux qui l’ont écouté et poussé la « Lourde Porte
d’Entrée », ceux qui ont goûté à sa pop dépouillée et poétique, à la fois
mélancolique et enjouée, eux seuls ont pu trouver son « … La ». Quatrième
opus, « Le La » est une synthèse de la discothèque mentale de cet
anticonformiste, enregistré en partie à Bamako, l’album conserve quelques
couleurs maliennes et navigue avec douceur entre blues (« Pends Le Haut,
Pends Le Court »), ballade atmosphérique mélancolique (« Tant Besoin
De Toi ») world music et folk. Julien
nous offre une œuvre proche d’un Mathieu Boogaerts, intimiste et NECESSAIRE.
José James (en
concert au Cedac de Cimiez le10/04/2009)
Remarqué par le DJ et producteur anglais Gilles Peterson en
2006 et signé sur son label Brownswood Recordings, ce jeune chanteur,
songwriter et compositeur new-yorkais affirme déjà une identité propre et
démarquée en proposant une musique naviguant entre les eaux paisibles d’une
soul épurée, d’un hip-hop assagi et d’un jazz acoustique. Sa voix se rapproche
de Gil Scott-Heron mais le ton qu’il emploie et son côté latino font
immanquablement penser aux Tom Jobim, Jon Lucien et autres Terry Callier.
Inspiré par John Coltrane et Billie Holliday, José James, originaire de
Brooklyn, vient promouvoir son album « The Dreamer » sorti en Janvier
2008, et inonder son auditoire de ballades lyriques sur des rythmes cool et
détendus. Pensez aux photographies N&B de Miles ou Charlie Parker, aux
ambiances feutrées et intimistes des bars jazz, rajoutez-y une bande-son
apposant un regard neuf et décomplexé sur les lèvres d’une tradition vocale
cherchant de nouvelles voies…Vous n’aurez alors qu’une petite idée de l’émotion
que peut susciter l’écoute de José James.
JANE MONHEIT – « The Lovers, The Dreamers and Me »
(Concord/Universal)
Le jazz vocal américain brille une fois de plus avec la
sortie du 8ème opus de Jane Monheit. A tout juste 31 ans cette new
yorkaise, originaire d’oakdale sur l’île de Long Island, publie après Surrender
sorti en 2007, « The Lovers, The Dreamers and Me ». Comparée à Ella
Fitzerald (rien que ça !) la séduisante brune a rassemblé, dans cet album
de ballades, des standards jazz incontournables (« Lucky To Be Me »
ou « Something Cool ») et des titres pop indémodables (« Slow
Like Honey » de Fiona Apple ou encore « I Do It For Your Love »
de Paul Simon). Son style musical mêle donc le jazz à la pop traditionnelle et
aux rythmes latino-américains, notamment brésiliens (« No Tomorow
(Acaso) » d’Ivan Lins). Sa maîtrise technique fut acquise au cours des
années d’études passées à la Manhattan School Of Music et à la Connetquot High School. Remportant
à 20 ans le 1er prix au concours vocal du Thelonious
Monk Institute, Jane s’entoure aujourd’hui des meilleurs musiciens
notamment Gil Goldstein au piano et à l’arrangement des orchestres
(« Rainbow Connection ») ou Romero Lubambo à la guitare et aussi à
l’arrangement (« A Primera Vez »). Considérez-la comme une réplique
de Diana Krall et Norah Jones, le fait est que Miss Monheit assure et c’est le
principal !
L'énergie du jazz manouche et du swing gipsy trouve en la
voix de Sandrine Mallick une beauté particulière façonnée dans la chanson avec
quelques rehauts de scat. L'ambiance de son second opus y est festive à l'image
de son dynamisme. L'infatigable jeune femme, déjà vue et entendue dans de
nombreux spectacles musicaux depuis près de quinze ans, ressort des studios
d'enregistrement avec Luciolles. Epaulée par l'accordéoniste Ludovic Beier qui
signe toutes les musiques du disque, la chanteuse s'entoure de son ami le
guitariste Philippe Doudou Cuillerier et du contrebassiste Antonio Licusati.
Elle met ainsi en musique ses textes évoquant avec humour le statut d'artiste,
les vertus de la cigarette ou la galère des petits jobs... Léo Ferré se fait
même piquer Le Jazz Band sur un air d'accordéon haletant et conclut un disque
divertissant baladant l'auditeur entre une valse, un foro et un tango. À noter
la présence à la guitare du géant Angelo Debarre sur deux titres dont l'amusant
Pas Touche au Manouche...
Les Comores s'installent à Marseille et le slam d'Ahamada
Smis prend ses couleurs africaines entre rythmes hip-hop, sonorités world et
jazz. Issu de l'immigration, le jeune comorien a connu la violence, le squatte
et la rue avant de se mettre au rap et à l'écriture. Ouvrier dans la
charpenterie métallique les mots se bousculent et ne demandent qu'à sortir de
son esprit aiguisé et ambitieux, il devient ingénieur du son puis naturellement
la scène invite ses mots, ses mots invitent quelques mélodies puis une vielle à
roue, une flûte, un accordéon, un violon, un sax, des percussions, une guitare,
une basse et une batterie...entrent aussi dans la partie jusqu'à conclure enfin
et donner lieu à l'album "Être". Tel un Oxmo Puccino, Ahamada est
proche de la musique et des instruments autant que de ses textes, le jazz croise
les résonances occitanes et afro beat sur des histoires autobiographiques et
inspirées du quotidien. Simples, belles et engagées, les paroles d'Ahamada sont
contées d'une voix douce et apaisée. La langue française côtoie le swahili dans
un discours de paix, de tolérance, d'ouverture et d'espoir.L'Afrique et Marseille se retrouvent
paisiblement autour d'une seule et même valeur : le respect de soi et de
l'autre. Le poète signe là un très bel opus bien loin du bling-bling ambiant,
les samples et boîtes à rythmes sont écartés au profit d'une musique acoustique
mélodieuse.