Garant de la culture Garifunasur la côte caraïbe du Honduras, le chanteur/percussionniste/guitariste Aurelio
Martinez nous présente son second disque intitulé Landini, dans lequel il revient en 12 titres aux sources des
sonorités traditionnelles de son peuple. Le folklore Garifuna englobe les racines africaines,
amazoniennes et caribéennes et se décline en plusieurs styles dont le paranda
(teinté des rythmes latins et espagnols) qu'Aurelio illustre ici et qui est enseigné, joué et partagé à tous
âges par l’ensemble de sa communauté. C’est Maria Martinez sa mère, qui l’initia dès l’enfance à cet
art coloré où les guitares et les percussions prédominent, Aurelio
y ajouta une touche de modernité respectueuse en le marquant indélébilement de
sa voix touchante.
Danny
Michel - Black Birds Are Dancing Over Me (Stonetree Records/Cumbancha)
Lorsque la folk
rencontre les rythmes et les accords caribéens, le résultat sonne forcément
bien… Le chanteur Danny Michel, tombé amoureux de Belize dès ses 15 ans, publie
en collaboration avec le producteur et fondateur émérite du label bélizien Stonetree
Records, Ivan Duran, l’album aux
couleurs afro-amérindiennes « Black Birds Are Dancing Over Me ». Largement influencé par la culture Garifuna,
le multi-instrumentiste canadien s’aventure dans les sillons déjà creusés par
d’illustres prédécesseurs. En Effet, qui a oublié les albums aux saveurs
exotiques de Paul Simon, Peter Gabriel ou David Byrne ? Cependant, malgré le risque d’un ersatz, il a su
convaincre le producteur d’Andy Palacio et
les musiciens du Garifuna Collective(à lire chronique de leur album "Ayo") de le soutenir dans sa démarche, lui qui entreprît un long périple en Amérique
Centrale et sur les côtes Caraïbes afin de s’imprégner de ces traditions
musicales séculaires et de s’y investir socialement en 2011, avec la création
de la Danny Michel Ocean Academy Fund, œuvrant pour le soutien scolaire des
jeunes de la région. Ne tombant donc pas dans le piège du disque épicé, pastichant
une musique mal comprise, « Black Birds Are Dancing Over Me » regorge
d’authenticité. Il excelle à nous enivrer de rythmes chaloupés et à nous
abreuver de textes touchants, on ne parle plus de collaboration mais bien de
symbiose entre les protagonistes d’un disque malheureusement trop court, 39
minutes pour 10 titres exquis !