mardi 26 novembre 2013

Ibrahim Maalouf – Illusions (Mi’ster Productions/Harmonia Mundi)


Ibrahim Maalouf – Illusions (Mi’ster Productions/Harmonia Mundi)

On pourrait croire que Mr Maalouf, sacré meilleur artiste jazz de l’année 2013 grâce à sa bande-son « Wind » (chroniques Ibrahim Maalouf - Wind), a pris la grosse tête avec le buzz ayant entouré la sortie de son dernier disque (http://youtu.be/ZSpS9kXoPps), ses allures de rock star, sa pochette disco-décadente, son casting grandiloquent et ses accents pop… Seulement voilà, tout n’est qu’« Illusions » !

Si la trompette micro-tonale d’Ibrahim nous a habitué jusqu’ici à un souffle plutôt doux et étouffé, ce dernier opus déborde de groove oriental défrisant et d’allusions rock, avec ses titres structurés comme des chansons (refrain/couplet/refrain…) taillées pour la scène.

Après 10 ans passés à peaufiner et à affirmer son identité et son style à travers son triptyque « Dia », constitué des albums « Diaspora », « Diachronism » et « Diagnostic », le trompettiste, pianiste, compositeur, producteur, arrangeur et professeur franco-libanais parvient avec « Illusions » à imposer enfin sa véritable vision de la musique avec le son qui lui correspond. Entouré d’un groupe qu’il a mis 7 ans à réunir au fil de ses tournées, l’artiste a choisi 8 compositions récentes et plus anciennes interrogeant ses relations à la société, faisant référence à ses origines, à son vécu et à l’actualité d’un monde qui semble ne plus avoir ni queue ni tête.

Pour la première fois, le musicien a invité une section de trompettes arabes éclatantes composée de Youenn Le Cam, Martin Saccardy et Yann Martin, un vieux rêve qui lui permet comme dans la tradition des musiques gnawas de donner du relief au jeu de questions/réponses entre les cuivres et de mettre en valeur des mélodies orientales plus présentes qu’auparavant.

Ibrahim Maalouf a « voulu que cet album soit festif et plein d’énergie positive », il délaisse un temps les sonorités purement jazzy pour s’orienter vers un rock assumé, animal et hybride, dans un savant mélange de moments électriques, fougueux, chaleureux, méditatifs et inspirés par son Liban natal.

Les musiciens François Delporte aux guitares, Frank Woeste aux claviers, Laurent Davis à la basse et Xavier Rogé à la batterie forment son quartet gagnant en live autant qu’en studio…

Hâte de les voir sur scène !
 

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