vendredi 13 janvier 2017

Bargrooves Après Ski 6.0 (Bargrooves)

Bargrooves Après Ski 6.0 (Bargrooves)

Une nouvelle année s'amorce avec un hiver qui bat son plein et pour célébrer l'ouverture de la saison de ski le label Bargrooves publie pour la sixième édition de sa série Après Ski une collection de 30 titres house et deep house triés sur le volet et spécialement choisis, puis compilés, pour animer l'heure de l'apéro en bas des pistes des prestigieuses stations des Alpes ou des Rocheuses.
S'y enchaînent ainsi les tubes emblématiques dernièrement fournis par la crème des DJs et producteurs en vue ces derniers temps, je pense à Dennis Ferrer avec son "Right Thing Featuring Ben Westbeech", ATFC et son incontournable "No Victim Song Featuring Hannah Williams", Red Rack'em et sa bombe "Wonky Bassline Disco Banger" ou encore Nomumbah avec "Words". Outre les versions originales de ces véritables perles pour le dancefloor, Bargrooves Après Ski 6.0 rassemble aussi quelques remixes notables devenus classiques, comme le "Funky Club Mix" de "Funky People" (Funky People featuring Cassio Ware) orchestré par Knee Deep ou bien le "Más Jugo’ Dub" de l'excellent "Piña" (Metro Area) par SWAG.
Bref, que du beau monde... La compilation sera disponible à partir du 03 Février prochain en streaming ou bien en téléchargement sur toutes les bonnes plateformes.


 
 

jeudi 12 janvier 2017

Milareva - Search For The Light (Mo Wonder Records)

Milareva - Search For The Light (Mo Wonder Records)

La toute jeune formation néo-soul Milareva nous offre son premier EP très accrocheur baptisé Search For The Light. Signé sur le label parisien Mo Wonder Records, le disque composé de 6 titres en dit gros sur le potentiel d'un quartet soul-jazz très prometteur, construit autour de la chanteuse et auteure toulousaine Ruth Eva Lemarchand alias Evalem et du pianiste/compositeur stéphanois Etienne Bally. Ses sonorités racées imprégnées de funk, de hip-hop et de R&B made in US, sont à rapprocher des expérimentations jazzy de musiciens tels que Robert Glasper, Austin Peralta ou Gretchen Parlato. Elaborant un groove chaud, profond et contagieux, que la section rythmique formée par le bassiste Sunny Adroit et le batteur Yoann De Danier contribue largement à faire briller, Milareva se distingue par la sophistication de ses arrangements et l'ambiance intimiste et envoutante qu'il dégage aussi bien en studio qu'en live. La voix suave et délicieuse de la diva, qui rappelle à bien des égards celle de Meshell Ndegeocello, se prête à merveille aux compositions du claviériste dont les mélodies, délicatement posées sur des rythmiques alliant P-Funk, accents urbains et contemporains, séduisent dès la première écoute.



mardi 10 janvier 2017

Roberto Occhipinti - Stabilimento (Melodica Music)

Roberto Occhipinti - Stabilimento (Melodica Music)

Le producteur Roberto Occhipinti, reconnu comme l'un des meilleurs contrebassistes canadiens s'exprimant aussi bien dans le répertoire jazz que dans la musique classique, nous présente son album Stabilimento, paru le 01 Novembre 2016 sur son propre label Melodica Music. Parmi les 9 titres aux saveurs cuivrées de l'opus, 6 sont des compositions de l'artiste enregistrées en quartet ou en nonet augmenté d'ensembles à de cordes.
Au travers d'elles il mêle à son jazz classique aux orchestrations luxueuses et souvent flamboyantes ("Tinacria"), les sonorités world issues d'Amérique latine et d'Afrique du Nord ("Tuareg", "Que Bolla", "Markato"), l'écriture de Beethoven et la sensibilité de John Coltrane ("Opus 132"), sans oublier la fusion de Zawinul ("Stabilimento") et l'audace de Charles Mingus...
Les 3 autres morceaux du disque marquent la richesse du jeu et des influences d'un compositeur et arrangeur versatileRoberto s'y illustre en effet dans une veine plus smooth et cool jazz : "Penelope" de l'immortel Wayne Shorter"Dom de Illudir" du brésilien Caetano Veloso et "Another Star" de l'immense Stevie Wonder.
Un grand plaisir d'écoute !

vendredi 6 janvier 2017

The Men In The Glass Booth - Ground breaking re-edits and remixes by the disco era’s most influential DJs (BBE Records/Differ-Ant Distribution)

The Men In The Glass Booth - Ground breaking re-edits and remixes by the disco era’s most influential DJs (BBE Records/Differ-Ant Distribution)

Une partie des productions house actuelles semble tendre vers un retour à ses fondations disco, bâties dans les années 1970 en réponse à la domination de la scène rock, il n'y a qu'à écouter, pour s'en rendre compte, les travaux récents d'Eli Escobar, Dimitri From Paris, Red Rack'em, Joe Negro ou Purple Disco Machine. C'est entre Philadelphie et New York que naît et se développe cette nouvelle tendance musicale (accompagnée de ses codes vestimentaires et surtout de ses chorégraphies) tant décriée à l'époque par les tenants d'une contre-culture déclinante.
Fruit d'un habile mélange de soul, de funk et de pop, enrichi de cordes et de cuivres puis de synthétiseurs et de boites à rythmes, le disco est dédié au dancefloor, à la fête, à la légèreté et à l'insouciance. Les clubs foisonnent et la demande en tubes accrocheurs et entraînants fait émerger une nouvelle génération de disc-jokers qui ne se contentent plus de passer des disques, mais qui deviennent véritablement producteurs voire musiciens accomplis, élaborant des techniques de mixages, d'orchestrations et d'enchainements sophistiquées. Ces derniers devaient dénicher la perle rare parmi la myriade de titres mis sous presse hebdomadairement et souvent concevoir des extended versions afin de fournir des sets classieux au mix impeccable et sans temps mort. Ces artisans de la nuit donneront leurs lettres de noblesse au métier de DJ, encore tant envié et adulé aujourd'hui.

Walter Gibbons alias The DJ's DJ, resident au Galaxy 21 de New-York, était un véritable pionnier dans ce domaine et surtout un remixeur de premier ordre, il fut l'un des protagonistes majeurs dans l'éclosion de la scène disco underground, notamment grâce à son "Sunshine Sound Acetate Edit" de "Ten Per Cent" du groupe Double Exposure sorti en 1976 chez Salsoul Records. Foulant le premier la porte d'un studio d'enregistrement, ses initiatives inspireront les icônes de la house music dont les emblématiques Frankie Knuckles alias The Godfather Of House (DJ au mythique Warehouse de Chicago), disparu il y a peu et Larry Levan pilier du célèbre Paradise Garage de New-York.

La carrière de Gibbons était étroitement liée au label légendaire Salsoul Records fondé par les 3 frères Cayre (1974-1985), qui hébergea outre Double Exposure, des formations comme The Salsoul Orchestra, Instant Funk, Inner Life ou First Choice et des artistes comme les divas Loleatta Holloway, Jocelyn Brown ou encore Carol Williams. Originellement orientée musique mexicaine, la maison de disques flaira le bon filon en s'intéressant au disco et en sortant la première, un format de disque vinyle insolite à l'époque : le maxi 45 tours.

Le coffret The Men In The Glass Booth revient sur cette époque glorieuse à travers des remixes et re-edits des Djs les plus influents de l'ère disco. On notera aux côtés de Walter Gibbons, les noms prestigieux d'artistes tels que Jim Burgess, John Morales (toujours dans le circuit à 62 ans!), Bobby DJ Guttadaro, Tom Savarese, Jellybean Benitez, Tee Scott ou John Luongo
Les 3 CDs compilés par le DJ écossais Al Kent - fidèle collaborateur du label anglais BBE et fan inconditionnel de Walter Gibbons - seront accompagnés d'un généreux livret de 40 pages nous renseignant sur l'histoire de ces magiciens des platines, passés maître dans l'art d'enflammer les pistes de danse !

A noter que le label Barely Breaking Even (BBE), actif depuis 1996, rassemble un panel de musiciens assez exceptionnel, en effet Masters At Work, Paul Weller et Black Coffee y sont passés comme d'ailleurs J Dilla, Will I Am, Ty, Dj Spinna ou Dj Jazzy Jeff...
Une référence absolue!

King Biscuit - Well Well Well (Label Vibrant)

King Biscuit - Well Well Well (Label Vibrant)

Qui veut ressentir un frisson blues, celui bien roots et rugueux du delta du Mississippi, doit absolument pencher une oreille attentive sur le premier projet long format de King Biscuit, intitulé Well Well Well. Basé à Rouen, le guitariste parisien Sylvain Choinier y convie le violoniste Frédéric Jouhannet et nous offre 11 titres absolument explosifs et brulants. Gavé de larsens et de sonorités analogiques distordues King Biscuit délivre, avec une énergie folle, un son brut et captivant, façonné par un ensemble malmené de guitares acoustiques et de violons torturés. Les micros et mégaphones poussiéreux lâchent leur crachin vintage sur des rythmiques endiablées, battues des pieds sur des estrades amplifiées, agrémentées de quelques éléments de batterie disposés ça et là, parmi une ribambelle de câbles qui s'entremêlent. Baptisée 'indie blues', la musique du diable que cuisine King Biscuit est on ne peut plus rock, relevée par quelques pincées d'un grunge éraillé et crasseux.
Belle découverte.

 

jeudi 5 janvier 2017

Invaders - Carnival Of Sounds (II Monstro/L'Autre Distribution)

Invaders - Carnival Of Sounds (Il Monstro/L'Autre Distribution)

Inspirés par le film d'épouvante américain de Herk HarveyCarnival Of Souls, sorti en salle en 1962 avec dans le rôle principal l'actrice Candace Hilligoss, le batteur Nicolas Courret et le claviériste David Euverte publient Carnival Of Sounds, un album sombre et abyssal en forme de bande-son imaginaire retro-futuriste renouant avec la tradition des oeuvres crépusculaires et angoissantes de John Carpenter. Mêlant sonorités analogiques et musique électronique, Invaders élabore des ambiances cinématiques aux nuances trip-hop ("Hey Johnny, Who's The Doll?"), pop rock ("Carnival Of ounds (Main Title)"), ambient ("Shivers In The Emporium") et cosmic disco ("Mary-Go-Round"), alternant tour à tour les textures subaquatiques, planantes et brumeuses hantées de synthés fantomatiques captivants.

 
Extrait du film Carnival Of Souls:

Onom Agemo & The Disco Jumpers - Liquid Love (Agogo Records/Differ-Ant)

Onom Agemo & The Disco Jumpers - Liquid Love (Agogo Records/Differ-Ant)

Le quintet berlinois Onom Agemo & The Disco Jumpers nous revient avec un second album baptisé Liquid Love. Succédant à Cranes & Carpet paru en 2015, ce nouvel opus aux saveurs 70's nous replonge dans les grooves afro bardés de sonorités funky et psychédéliques de 5 larrons, adeptes de culture mandingue, garifuna, gnawa et éthiopienne. Adoratrice de synthés analogiques et d'ambiances électro vintage flirtant souvent avec le rituel sufi et la guitare wah wah, la formation est dotée d'une solide assise rythmique maîtrisant à merveille la polyrythmie africaine et d'une section cuivre retorse et musclée. Ensemble elles explorent les tendances freecosmic, éthio et future jazz, krautrock et afro funk à travers les héritages maliens et marocains ou le folklore pygmée... Le résultat est hypnotique et nous fait rappelle forcément les recherches d'artistes novateurs et aventuriers tels que Sun Ra, Manu Dibango et de projets plus récents comme celui de The Heliocentrics.
Excellente découverte!